|
Tous les
éléments constituants du peuvent être
à l'origine
d’une tuméfaction cervicale, mais c'est
l’adénopathie qui est le plus souvent
en cause dans les tuméfactions latérales du
cou. L’essentiel est de ne pas
errer en cas d’adénopathie de nature maligne.
Face à une
tuméfaction cervicale, le diagnostic positif
repose sur le bilan de base qui comprend plusieurs temps :
- radiothérapie
dans l'enfance
- tuberculose,
prise de lait cru, fromage frais,
alimentation par produit de chasse ou de pêche artisanale
- intervention
ayant porté sur la face (cancer) ou
le cuir chevelu (mélanome)
- Date
d'apparition et conditions de survenue
- Signes
fonctionnels évoquant une lésion primitive dans
les voies aérodigestives supérieures :
odynophagie, otalgie, dysphagie, dysphonie, amaigrissement.
- Signes
fonctionnels évoquant une hémopathie :
prurit, sueurs nocturnes, amaigrissement.
- L'âge
et le facteur racial doivent être pris en compte : migrants
(tuberculose), asiatiques, maghrébins (cancer du cavum).
- état
de la peau (cicatrice)
- ascension
à la déglutition (goitre)
- caractère
inflammatoire on non avec recherche de
douleur, de rougeur et de chaleur de la peau
- siège
par rapport aux chaînes lymphatiques
cervicales
- consistance
ligneuse (cancer), rénitente
(kyste), molle (lipome). La dureté d’une
adénopathie doit faire évoquer la
malignité
- forme,
la perte de la forme oblongue d’une
adénopathie est un critère en faveur de son
envahissement tumoral.
- caractère
isolé ou multiple, uni ou bilatéralité
- mobilité
par rapport aux plans superficiels et
profonds
- taille
- caractère
battant ou non, expansibilité
- L'auscultation
si la tumeur est battante, à la recherche d'un souffle.
- L'examen
général devra rechercher :
- d'autres
ganglions au niveau des territoires
axillaires, inguinaux
- une
hépato-splénomégalie
- des
manifestations diverses orientant vers une
hémopathie
Eventuellement
aidé par nasofibroscopie doit être
systématique et complet : VADS, thyroïde.
Ils constituent un bilan
minimum :
- NFS,
VS, CRP
- Radio
pulmonaire de face et de profil
- IDR
à la tuberculine
- Echographie
cervicale et thyroïdienne ou TDM
cervico-thoracique injecté
E.
Autres
examens demandés en fonction des données
de l'examen clinique et du bilan paraclinique minimum
- Sérologies
(HIV, EBV, toxoplasmose, rubéole, maladie
des griffes du chat)
- Imagerie
par TDM ou IRM injectés
- Angio-IRM
ou artériographie (si suspicion de
tumeur vasculaire)
- Myélogramme
(si suspicion d’hémopathie)
Une panendoscopie associant sous
anesthésie générale une exploration
pharyngo laryngée et du cavum, une
trachéobronchoscopie et une oesophagoscopie
sera utile dès que l’on suspecte une
adénopathie d’allure maligne surtout chez
un sujet éthylo tabagique.
Deux examens porteront
directement sur la
tuméfaction
- La
ponction cytologique à l'aiguille fine permet
d’orienter le diagnostic, en particulier dans le
cas d’adénopathie
métastatique de carcinome des VADS ou de carcinome
papillaire thyroïdien. Elle
permet dans les tumeurs fluctuantes de préciser le
caractère de la collection
liquidienne, de faire un examen bactériologique et
cytologique.
- La
cervicotomie exploratrice avec adénectomie
(exérèse complète sans
effraction capsulaire à l’inverse de la biopsie) et l’examen histologique
extemporané permet le diagnostic puis le
traitement dans le même temps opératoire. En
effet, la rupture capsulaire en
effet aggrave le pronostic local et vital dans les carcinomes.
Il est guidé
par quatre critères :
- caractère
inflammatoire ou non : tuméfaction
chaude, tuméfaction inflammatoire subaiguë et
tumeur froide
- l'âge
: enfant, adulte jeune, adulte
- le
siège
- la
consistance
A.
LES
ADENOPATHIES
CERVICALES LATERALES
Il faut noter
d'emblée la grande fréquence des
adénopathies
(80 %).
Il s'agit
presque toujours d'adénopathies : adénite ou
adénophlegmon, exceptionnellement d'un kyste
congénital surinfecté.
- la
douleur est le signe de début puis la
tuméfaction apparaît le plus souvent unique et
sous-angulo-maxillaire ; elle
est d'abord ferme puis fluctuante puis elle est rouge. La fistulisation
peut
survenir, mais assez rarement.
- la
porte d'entrée est dentaire, oropharyngée
(amygdale surtout), rhinopharyngée (chez
l’enfant), cutanée (rarement).
- le
traitement est essentiellement médical :
antibiotiques, antalgiques, quelquefois chirurgical : drainage en cas
d’abcédation.
Elles
posent déjà des problèmes
diagnostiques plus difficiles ; il s'agit surtout
d'adénopathies inflammatoires
: ganglions un peu douloureux, avec péri-adénite
et tendance à des poussées
itératives.
a)
Adénopathie
séquellaire d'une inflammation de voisinage souvent
traitée par des
antibiotiques.
Il faudra rechercher les
circonstances d'installation
brusque au cours d'un épisode inflammatoire, la porte
d'entrée : gingivale,
buccale ou dentaire, oropharyngée, une lésion du
cuir chevelu. Il faudra
toutefois se méfier d'une association à une
tuberculose chez un adulte.
b)
Adénopathie
tuberculeuse
Elle est
fréquente chez le sujet jeune et surtout le migrant
; elle se voit parfois chez le sujet âgé
(reviviscence tardive d'une
tuberculose ganglionnaire cervicale). C'est une maladie
locorégionale à forme
de départ habituellement bucco pharyngée ;
c’est une infection typiquement à
mycobactérie type mycobacterium tuberculosis ; ce
caractère locorégional
explique parfois l'absence de toute autre atteinte tuberculeuse, en
particulier
pulmonaire.
Cliniquement, elle
revêt parfois chez l'adulte l'aspect
d'une masse volumineuse, polylobée d'aspect "pseudo
néoplasique". Le
plus souvent, il s'agit de polyadénopathies cervicales
unilatérales, de
consistance inégale, volontiers sous- mandibulaires ou
spinales. Elles peuvent
prendre un aspect fluctuant, pré fistulaire, alors hautement
évocateur.
Le diagnostic
repose sur :
- l’IDR
qui n'est pas nécessairement très positive
- le
prélèvement du pus de l'abcès froid
fistulisé
peut permettre d’identifier et de cultiver le bacille. Un
diagnostic rapide
peut être obtenu en PCR.
- le
prélèvement du ganglion lui-même
apportera
des aspects histologiques (granulome giganto-cellulaire à
nécrose caséeuse
centrale) et bactériologiques caractéristiques.
Le traitement
médical général
(polychimiothérapie
antituberculeuse pendant 6 mois) n'assure pas toujours la
guérison et un curage
ganglionnaire est parfois nécessaire.
c)
Les
suppurations ganglionnaires cervicales à
mycobactéries atypiques
Elles peuvent donner des
tableaux très voisins de la
tuberculose ganglionnaire. Mais elles frappent surtout des enfants
très jeunes
(1 à 2 ans). Les lésions peuvent provoquer
plusieurs fistules. L'examen
bactériologique direct ne peut les différencier
du BK. Seules les cultures
systématiques nécessitant parfois de nombreuses
semaines permettent d'en faire
le diagnostic. En pratique, il faut commencer à traiter
comme une tuberculose
ganglionnaire, secondairement adapté à
l’antibiogramme car certaines
mycobactéries ne sont pas sensibles aux antituberculeux
classiques : Mycobactérium
avium intracellulare
nécessite une association de clarithromycine, rifabutine et
éthambutol.
L'évolution rend parfois le traitement chirurgical
nécessaire.
d)
La
lympho-granulomatose bénigne d'inoculation ou
maladie des griffes du chat.
Elle est due à
Bartonella hensellae. Elle se caractérise par
une adénopathie d'allure traînante, volumineuse,
quelquefois suppurée.
Le diagnostic repose sur
la recherche d'une porte d'entrée :
griffures faciales ou cervicales par chat, ronce, rosiers, l'existence
d'une
adénopathie axillaire et l’isolement du germe, la
PCR, ou la sérologie.
Le traitement fait appel
aux macrolides, aux cyclines, aux
fluoroquinolones ou à la rifampicine.
e)
La
mononucléose infectieuse
Elle est due au virus
Epstein Barr et atteint surtout les
sujets jeunes. Elle pose peu de problème diagnostique si
l'adénopathie est
concomitante d'une angine aiguë. Elle peut donner un tableau
d'adénopathies
cervicales chroniques, volontiers postérieures, spinales,
associées à une
asthénie et à une
splénomégalie. La NFS met en évidence
une inversion de la
formule sanguine avec monocytose. Les sérologie MNI sont
positives. Il n'y a
pas de traitement spécifique. La corticothérapie
peut être indiquée dans les
formes aiguës et asthéniantes.
f)
La
toxoplasmose
Elle est due à
un parasite protozoaire (toxoplasma gondii).
Sur le plan clinique, c'est une polyadénopathie
superficielle à prédominance
postérieure (occipitale et spinale), indolore, de petite
taille.
La numération
formule sanguine montre parfois un syndrome
mononucléosique avec une sérologie de
Paul-Bunnel-Davidsohn négative ; le diagnostic
est alors assuré par le dosage des IgM
spécifiques et sa variation à 3 semaines
qui indique une infection récente. La régression
des adénopathies est
spontanée, en plusieurs mois. La spiramycine est
indiquée chez la femme
enceinte.
g)
La
sarcoïdose
La maladie est
exceptionnellement révélée par une
adénopathie cervicale isolée ; il existe en
règle d'autres localisations
cutanées, pulmonaires, médiastinales,
hépatospléniques, qu'il faudra
rechercher. Le diagnostic est évoqué notamment
sur la négativité de l’IDR et
l'histologie qui met en évidence un granulome
épithélioïde gigantocellulaire
sans caséum, ni BK.
h)
La
lymphadénopathie du VIH
C’est un des
symptômes essentiels de début de cette
infection, dont le diagnostic doit être
évoqué devant toute adénopathie
cervicale notamment chez un sujet à risque. La
sérologie HIV est positive. La
TDM révèle souvent le caractère
hypodense de ces adénopathies.
i)
La
syphilis
Rare, mais en
recrudescence en association avec le VIH :
l'adénopathie satellite d'un chancre oropharyngé
régresse assez
rapidement ; les polyadénopathies d'une syphilis
secondaire s'intègrent
dans un tableau de généralisation muqueuse et
ganglionnaire : roséole,
papulose. Le diagnostic est dans ce cas fait par les
sérologies positives.
j)
Autres
Enfin citons d'autres
étiologies beaucoup plus rares :
tularémie, rubéole, brucellose.
3)
Les
adénopathies non inflammatoires
Elles
représentent en fait le
véritable problème de ces tumeurs
latérales. Elles sont redoutables par leur
nature néoplasique fréquente. La topographie
permet de distinguer :
Il s'agit le plus souvent
d'adénopathies.
L'âge est un bon élément d'orientation
ainsi que le
terrain :
- Chez
l'adulte d'âge moyen (40-50 ans),
éthylo-tabagique : il faut surtout évoquer une
adénopathie métastatique d'un carcinome des VADS.
- Elle
peut être révélatrice d'un carcinome
pharyngolaryngé ou de la cavité buccale que
l'examen mettra en évidence. Un
carcinome du cavum peut en être l’origine chez un
adolescent ou un adulte
jeune.
- La
découverte de la tumeur primitive permettra
sa biopsie. Un bilan d’extension complète le
diagnostic.
- Il
peut s'agir d'une adénopathie cervicale en
apparence primitive où les examens ORL et endoscopiques sont
strictement
normaux.
- Le
diagnostic est fait à l’examen histologique
extemporané, lors d’une cervicotomie exploratrice
qui permettra dans
l’hypothèse d’un carcinome, de
réaliser le premier temps
thérapeutique :
curage ganglionnaire. Dans cette situation, une amygdalectomie
homolatérale à
la lésion peut être réalisée
dans le même temps opératoire, devant la
fréquence
de lésions primitives intra amygdaliennes infracliniques.
- Adulte
plus jeune, en bon état général : il
faut
penser à une hémopathie
maligne sans
toutefois négliger un carcinome du cavum
- Maladie
de Hodgkin : Le début ganglionnaire
cervical isolé est fréquent et le diagnostic sera
alors souvent difficile : adénopathie
unique, sus-claviculaire, indolore. Mais il peut s'agir
d'emblée de
polyadénopathies cervicales, unilatérales,
parfois bilatérales mais
asymétriques. L'examen ORL est négatif et la
présence éventuelle d'autres
atteintes ganglionnaires (médiastinales), de signes
généraux, d'une
splénomégalie plaident en faveur d'un Hodgkin. Le
diagnostic reposera sur la
ponction à l’aiguille fine (cytologie) ou mieux
sur l’histologie du ganglion
dans sa totalité (en excluant toute biopsie ganglionnaire).
- Lymphome
malin non hodgkinien : Son siège
d'élection est le cou. Il réalise un aspect de
masse ganglionnaire de
croissance rapide. D'autres localisations au niveau de l'anneau de
Waldeyer
sont possibles: amygdale, rhinopharynx en particulier. Le diagnostic
reposera
sur l’histologie du ganglion dans sa totalité (en
excluant toute biopsie
ganglionnaire). Il est important d’adresser en anatomie
pathologique un
prélèvement frais pour étude des
marqueurs du lymphome.
- Sujet
âgé : leucémie lymphoïde
chronique : Elle débute fréquemment au
cou et
réalise une macro polyadénopathie
régulière et symétrique. Le diagnostic
repose
sur la numération formule sanguine, la ponction sternale qui
montre une
prolifération maligne, massive de la lignée
lymphoïde.
Penser
adénopathie métastatique d'un carcinome de la
langue, du plancher de la bouche, de la gencive ou de la
lèvre.
Il faut penser
à une métastase d'un cancer oesophagien,
pulmonaire ou digestif (si adénopathie gauche :
ganglion de Troisier).
d)
Les
régions spinales
C’est le
siège des métastases ganglionnaires des
carcinomes
du cavum ou de l’oropharynx.
Points clés
Le diagnostic
d'une tuméfaction cervicale latérale repose sur
un certain nombre d'examens
simples et systématiques qui forment le bilan de base et
dans lequel l'examen
ORL et cervico-facial est primordial.
Ce
bilan de base permettra dans un certain nombre de cas de faire ou
d'approcher
le diagnostic.
Dans
les cas difficiles, la cervicotomie exploratrice avec examen
histologique
extemporané restera la solution de choix pour faire le
diagnostic.
Les
adénopathies sont les tuméfactions cervicales
latérales les plus fréquentes.
Ce sont essentiellement
des adénopathies :
- aiguës,
d'origine buccodentaire
- chroniques
:
- surtout
métastases d'un cancer du plancher de la
bouche, de la langue et des lèvres
- mais
aussi : tuberculose, toxoplasmose,
sarcoïdose, maladie des griffes du chat, pathologie
lymphatique maligne.
La région
prélaryngée et préhyoïdienne
est rarement le siège
d’une adénopathie. Citons le ganglion
pré laryngé, le plus souvent
inflammatoire, rarement carcinomateux
Elle est rarement le
siège d’adénopathies
pré-trachéales,
souvent malignes.
Il devra
éliminer les fausses tuméfactions cervicales qui
sont des pièges anatomiques :
- l'apophyse
transverse de l'atlas
- la
saillie du tubercule de Chassaignac (C6)
- la
grande corne de l'os hyoïde
- le
bulbe carotidien athéromateux
- une
ptose de la glande sous-mandibulaire
Face à une
adénopathie latérocervicale, il faut
éliminer
- Une tumeur congénitale latéro
cervicale
- Le
kyste amygdaloïde (ou lympho-épithélial
ou
kyste du sinus cervical). Il est dû à la
persistance du sinus cervical. Il
touche l’enfant et l'adulte jeune ; il est parfois
révélé au décours d'un
épisode infectieux pharyngé. C'est une
tuméfaction superficielle située au bord
antérieur du sterno-cléido-mastoïdien ;
elle est rénitente. Sa nature kystique
est confortée par l’échographie ou la
TDM. Le traitement est chirurgical.
- Le
lymphangiome kystique : Il existe dès la
naissance ou se manifeste dans les premiers mois (masse molle
translucide
polylobée ou unique). Son extension anatomique sera
appréciée par une IRM
cervico-faciale.
- Une tumeur battante vasculaire (ce
caractère sémiologique les met à
part)
- Anévrysme
carotidien : tumeur battante,
expansive et soufflante.
- Fistule
jugulo-carotidienne : "thrill
palpatoire".
- Tumeur
du glomus carotidien
(paragangliome) : tumeur rarement battante, non expansive de
la région
sous digastrique non mobilisable selon un axe vertical mais plus mobile
selon
un axe transversal. La TDM injectée montre un blush
vasculaire dans la région
de la bifurcation carotidienne. Le traitement est chirurgical
après
explorations radiovasculaires.
- Une
tumeur nerveuse : neurinome du X qui pourrait être
confirmé par une IRM.
Face à une
adénopathie sous mandibulaire, il faut éliminer
- Une
sous-maxillite chronique d'origine lithiasique avec coliques
salivaires, pus dans le canal de Wharton. La radiographie et
l’échographie peuvent visualiser le calcul.
- Une
tumeur de la glande sous-mandibulaire (rare).
- L'actinomycose
cervico-faciale : Cette affection à
actinomyces, à point de départ souvent
bucco-dentaire : elle se traduit cliniquement par une
cellulite (infection des tissus cellulo-adipeux
sous-cutanés) d'évolution lente et progressive,
avec fistulisation en l'absence de traitement. Pour mettre en
évidence les germes, l'ensemencement doit se faire en
anaérobiose. Le traitement curatif est uniquement
antibiotique, basé sur la pénicilline, ou les
macrolides, de façon prolongée.
Face à une
adénopathie sus claviculaire, il faut éliminer
- Schwannome
du plexus brachial rare
- Cancer
de l'apex pulmonaire avec syndrome de Pancost Tobias.
Face à une
adénopathie spinale, il faut éliminer
- Schwannome
du XI ou du plexus cervical superficiel diagnostiqué lors de
l’examen IRM avec injection de gadolinium.
La
région parotidienne fait l'objet
d'un chapitre particulier
Face à une
adénopathie sous mentale, il faut éliminer
- un
kyste dermoïde du plancher buccal, tumeur embryonnaire de
l'enfant, indolore.
- une
cellulite chronique d'origine dentaire : c'est une
tuméfaction dure, sensible, qui infiltre la peau. Elle se
rencontre chez un sujet présentant un mauvais
état dentaire.
Face à une
adénopathie prélaryngée rare, il faut
surtout
éliminer :
- Un
kyste du tractus thyréoglosse, une thyroïde
ectopique, un cancer laryngé
extériorisé, une tumeur bénigne
(chondrome), une laryngocèle.
Points clés
Une
tuméfaction cervicale médiane juxta-hyoidienne
est très probablement un kyste
du tractus thyréoglosse.
IL
faut cependant être très prudent en
l’absence d’antécédent
inflammatoire et
évoquer une thyroïde ectopique dont
l’exérèse entraînerait une
hypothyroïdie.
La région
thyroïdienne est exceptionnellement le siège
d’une adénopathie.
Les lésions les plus fréquentes sont en rapport
avec une pathologie du corps
thyroïde : Thyroïdite, goitres et
adénomes, cancer thyroïdien.
Toutes
les régions cervicales enfin peuvent
être le siège de lipomes,
d'angiomes.
Ces adénites
peuvent être d'origine virale. Sous traitement,
la plupart des adénites vont disparaître mais
certaines évoluent vers
l'adénophlegmon.
Le diagnostic est
clinique, échographique, voire
scannographique.
Le traitement est
médicochirurgical, antibiothérapie avec
incision et drainage sous anesthésie
générale en cas d’abcédation.
Les
adénopathies tuberculeuses s'observent chez les
adolescents et les adultes jeunes. Le diagnostic repose sur la
découverte d'autres
localisations tuberculeuses (pharyngées et surtout
pulmonaires), la ponction et
parfois l’exérèse chirurgicale. Le
traitement chirurgical ne s'adresse qu'aux
reliquats et aux formes non sensibles au traitement médical,
représentant 10 %
des patients. L'enfant doit être mis sous traitement
antituberculeux en
attendant les résultats des examens
bactériologiques.
Due à Bartonella
henselae, bacille gram négatif, dont le diagnostic
est évoqué cliniquement,
et confirmé par l’isolement du germe, la PCR, ou
la sérologie. Le traitement
fait appel aux antibiotiques (macrolides, cyclines, fluoroquinolones,
ou
rifampicine).
E.
La
maladie de Kikushi
Il s ‘agit
d’un affection rare se manifestant pas des
adénopathies inflammatoires dans la région
cervicale dans un contexte fébrile.
L'origine est immunologique mais la cause précise est
inconnue. Le diagnostic
est histologique suite à l'exérèse
chirurgicale d'un ganglion. Histologiquement
on retrouve une nécrose accompagnée d'une
infiltration à prédominance
histiocytaire. La guérison est spontanée en
quelques semaines. Cette maladie ne
doit pas être confondue avec les lymphomes.
Il s'agit d'une
vascularite inflammatoire des gros et des
moyens vaisseaux. La gravité de la maladie vient de la
constitution
d'anévrysme, en particulier sur les coronaires.
G.
Divers
Citons à titre
de diagnostic différentiel particulièrement
fréquent chez l’enfant les lymphangiomes
cervicaux
et les kystes congénitaux.

|