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Objectifs
pédagogiques
Les objectifs nationaux du Bulletin Officiel
-
Devant
une altération de la fonction auditive,
argumenter les principales hypothèses diagnostiques et
justifier les examens
complémentaires pertinents.
Les objectifs du Collège Français des Enseignants
d’ORL
- Savoir Interpréter
l'épreuve de Rinne et l'épreuve de Weber,
distinguer surdité de transmission, de perception.
- Connaître
le principe d'une audiométrie tonale et vocale et ses
modalités en fonction de l'âge.
Connaître les moyens simples de tester
l'audition chez le nourrisson, savoir qu'il faut toujours
tester
l'audition des enfants quel que soit leur âge.
- Savoir
reconnaître sur un audiogramme tonal les
caractères d'une surdité
de transmission, d'une surdité mixte et de perception.
- Connaître
succinctement les étiologies d'une
surdité de transmission, de perception, mixte.
- Indiquer
les principaux toxiques de l'oreille
interne et leur conséquence.
- Savoir
qu'une surdité de perception d'installation brutale
(surdité
brusque) est une urgence thérapeutique.
- Connaître
les signes d'appel indirects ou
directs d'une surdité de l'enfant. Connaître les
principes de dépistage des
troubles de l'audition chez l'enfant en fonction de son âge.
- Savoir
reconnaître un acouphène objectif.
- Connaître
le principe des examens
paracliniques et l'intérêt de l'imagerie en
matière de vertige, de surdité, ou
de paralysie faciale
- Connaître
la situation particulière de la surdité brusque,
savoir
l'identifier, savoir qu'elle impose un traitement d'urgence en milieu
spécialisé
- Savoir
suspecter une lésion de l'oreille interne au
décours d'un
traumatisme crânien.
- Savoir
dépister par l'anamnèse le traumatisme
sonore devant une surdité ou un acouphène aigu.
Connaître les possibilités de
protection, de surveillance audiométrique.
Plan
du cours
I. Généralites
II.
Les
Surdités de transmission
III.
Les
surdités de perception
IV.
L’enfant
sourd
V.
Développement
normal du langage oral
VI.
Orientation
diagnostique devant une surdité
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- La
surdité est un symptôme défini par une
baisse
de l'audition, quelle que soit son importance, quelle que soit son
étiologie.
- Synonyme
: hypoacousie (souvent employée pour
les surdités légères ou moyennes).
- Une
cophose est une surdité totale. Elle peut
être uni- ou bilatérale.
Il
existe deux grands types de
surdité, d'origine, de pronostic et de traitement bien
différents. L'acoumétrie
et l'audiométrie permettent de les différencier
aisément :
- Les
surdités de transmission sont liées à
l'atteinte des structures de l'oreille externe (pavillon, conduit
auditif
externe) ou de l'oreille moyenne (système
tympano-ossiculaire de la caisse du
tympan, trompe d'Eustache).
- Les
surdités de perception ou neurosensorielles
sont liées à l'atteinte
- de
l'oreille interne ou cochlée
- du
nerf auditif (VIII), des voies nerveuses
auditives ou des structures centrales de l'audition
- La
surdité mixte associe surdité de transmission
et de perception.
B.
NOTIONS
D'EXAMEN FONCTIONNEL DE L'AUDITION
L’épreuve
de
weber consiste a poser un diapason en vibration sur le crane a
équidistance des
deux oreilles. L’épreuve de Rinne
consiste a comparer l’intensité du non
perçu par le patient d’un diapason en
vibration devant le pavillon (va) et pose sur la mastoïde
(vo). Rinne = va – vo
Stimulation
sonore par des sons
purs de fréquence (Hz) et d’intensités
variées (dB) avec détermination du seuil
subjectif liminaire d’audition par voie aérienne
(casque) et voie osseuse
(vibrateur mastoïdien).
Si
l’audition est normale ou s’il
existe une surdité de perception, les courbes en conduction
osseuse et aérienne
sont superposées. Le Rinne est dit positif par
analogie avec
l’acoumétrie.
En
cas de surdité de
transmission, la conduction osseuse est meilleure que la conduction
aérienne : le Rinne est négatif.
Stimulation
sonore par des sons
complexes le plus souvent signifiants (mots monosyllabiques ou
bisyllabiques,
phrases), quelquefois non signifiants (logatomes :
voyelle-consonne-voyelle). L’utilisation de listes de mots
bisyllabiques est la
plus utilisée en pratique clinique.
L’épreuve consiste à étudier
le pourcentage
de reconnaissance des mots d’une liste en fonction de
l’intelligibilité. Elle
peut être réalisée au casque testant
chaque oreille séparément ou en champ
libre testant les deux oreilles simultanément.
L’audiométrie vocale peut aussi
se réaliser avec l’adjonction de bruit perturbant.
- Définition
: Mesure de l'impédance de l'oreille
moyenne et de ses modifications sous l'influence d'une surpression ou
d'une
dépression créée dans le conduit
auditif externe.
- Condition
: Absence de perforation
tympanique.
- Intérêt
: Fournit de façon objective des
renseignements sur la valeur fonctionnelle de la trompe d'Eustache et
du
système tympano-ossiculaire :
- trouble
de la ventilation de l'oreille moyenne (courbe de type C : le
pic de
compliance est décalé vers les pressions
négatives, il existe donc une
dépression dans la caisse du tympan)
- présence
d'un épanchement liquidien dans la caisse du tympan (courbe
de type B : il
existe un épanchement dans la caisse du tympan)
- caractères
physiques du système tympano-ossiculaire :
tympanosclérose, atteinte
ossiculaire (courbe en « Tour
Eiffel » : pic ample et pointu par
rupture de la chaine ossiculaire)
- Définition
: recueil de la contraction du muscle
stapédien lors d’une stimulation auditive supra
liminaire (> à 80 dB), par
la mesure de la variation d’impédance du
système tympano-ossiculaire (par
impédancemétrie).
- La
variation de l'impédance par contraction du
muscle de l'étrier ne peut se manifester dans certaines
affections.
- Définition
: Potentiels neurogènes évoqués au
niveau cochléaire et rétrocochléaire
(VIII, tronc cérébral) par une stimulation
sonore, enregistrés au
cours des 10
premières ms après la stimulation.
- Principe
: Enregistrement par extraction du
potentiel évoqué auditif (PEA) du bruit de fond
électrique non significatif
(EEG de repos, myogramme...).
- Utilise
la répétition du stimulus sonore et le
moyennage synchronisé des réponses.
- L'examen
est non invasif (prélèvement du signal
par électrodes cutanées).
- Intérêts
:
- Otologique
: Mesure objective du seuil auditif
avec une précision de 10-15 dB dès la
naissance ; c’est un moyen
d’audiométrie
objective de l'enfant (ou du sujet non coopérant).
- Otoneurologique
: Localisation topographique de
l'atteinte auditive dans les surdités neurosensorielles, par
étude des latences
et des délais de conduction des 5 pics : I
(cochlée), II (nerf auditif), III,
IV, V (tronc cérébral).
- Limites:
- Ils
ne permettent pas une étude fréquence par
fréquence des réponse
- Ils
explorent une plage de fréquences aiguës de
l'audiométrie (et donc pas les fréquences graves).
- La
profondeur de la surdité peut gêner
l’interprétation
des courbes pour l’analyse des latences.
- Automatisés
: constitue un test très intéressant
pour le dépistage de la surdité chez le
nouveau-né.
Les
cellules
ciliées internes (CCI) sont les seuls récepteurs
sensoriels de l'audition alors
que les cellules ciliées externes (CCE) possèdent
des propriétés
micromécaniques ; elles agissent de façon
mécanique sur la membrane basilaire.
La
contraction
active des CCE induit un son dirigé vers le conduit auditif
externe et
enregistrable : ce sont les otoémissions acoustiques. Elles
peuvent être
spontanées (OEAS) ou provoquées par des sons
brefs (OEAP).
L’enregistrement
des OEA est une méthode non invasive d'exploration du
système auditif
périphérique (du conduit auditif externe
à la cochlée).
Le recueil
des
OEAP est une méthode simple, rapide (1 mn), fiable
d'exploration du
fonctionnement des CCE dont on sait qu'elles sont les
premières à disparaître
en cas d'atteinte cochléaire.
Cette
méthode constitue un test très
intéressant pour le dépistage de la
surdité chez
le nouveau-né. Elle permet de séparer rapidement
la population testée en deux
groupes :
- OEAP
présentes : le système auditif
périphérique est intègre (perte
auditive
inférieure à 30 dB).
- OEAP
absentes : nécessité de poursuivre l'exploration
auditive (audiométrie
comportementale, PEA...). Il est possible qu’une hypoacousie
supérieure à 30 dB
soit présente.
Chez
l'adulte,
elle permet la détection d'atteinte cochléaire
infraclinique (traitement
ototoxique, surveillance des surdités professionnelles
traumato-sonores...).
- Uni ou
bilatérales
- D'intensité
légère ou moyenne : le maximum de la perte
audiométrique est de 60 dB
- N'entraînant
pas de modification qualitative de la voix
- L'intelligibilité
est souvent améliorée dans le bruit (paracousie)
et au téléphone
- La
voix peut résonner dans l'oreille (autophonie), les patients
n’élèvent pas la voix
- Peuvent
s’accompagner de retard de parole chez l’enfant
- S'accompagnent
ou non d’acouphènes, qui sont alors
plutôt de timbre grave, peu gênants, bien
localisés dans l'oreille malade
- L'épreuve
de Weber est localisée dans l'oreille sourde (en cas de
surdité unilatérale) ou la plus sourde (en cas de
surdité bilatérale)
- Le
Rinne est négatif
- La
courbe de conduction osseuse (CO) est normale
- La
courbe de conduction aérienne (CA) est plus ou moins
abaissée, en général sur toutes les
fréquences, ou prédominant sur les
fréquences graves
- Il
existe donc toujours une dissociation entre CA et CO
définissant un Rinne audiométrique
négatif
- Les
tests supraliminaires et l'audiométrie vocale ne montrent
pas d'altérations qualitatives de l'audition (distorsion)
- Apporte
souvent des éléments intéressants pour
confirmer le diagnostic et préciser les lésions.
Elle ne peut se faire qu'à tympan fermé (pas de
perforation)
Points
clés
Une
surdité de Transmission a toujours un Rinne
négatif
Une
surdité de Transmission n'entraîne pas de
distorsions sonores
Une
surdité de Transmission n'est jamais totale
- C'est
une ostéodystrophie de la capsule labyrinthique, d'origine
multifactorielle (génétique, hormonal,
viral…).
- 8 %
des sujets de race blanche en sont histologiquement atteints. Elle se
manifeste cliniquement chez 1 sujet sur 1000.
- Elle
entraîne dans sa forme typique une ankylose de
l'étrier dans la fenêtre ovale et une
surdité de transmission évolutive,
bilatérale dans les 3/4 des cas.
- L'otospongiose
doit être évoquée d'emblée
devant toute surdité de transmission de l'adulte jeune, du
sexe féminin (2 femmes pour 1 homme), survenue sans
passé otologique, à tympan
normal.
- Des
antécédents familiaux de surdité sont
retrouvés dans la moitié des cas.
- La
surdité subit, chez la femme des poussées
évolutives lors des épisodes de la vie
génitale (puberté, grossesse, allaitement,
ménopause).
- L'audiométrie
retrouve une surdité de transmission pure, puis mixte
- Le
tympanogramme est normal. Le réflexe stapédien
est aboli
- La TDM
permet de visualiser les foyers otospongieux de la capsule otique sous
forme d'hypodensité osseuse, ou bien un
épaississement platinaire. Un scanner normal
n’élimine pas une otospongiose.
- Cette
surdité est évolutive, aboutissant à
plus ou moins long terme à une surdité qui peut
être sévère, rarement profonde.
- Le
traitement est avant tout chirurgical : ablation de l'étrier
(stapédectomie) ou trou central de la platine
(stapédotomie) et rétablissement de la
continuité de la chaîne ossiculaire par un
matériel prothétique. La prothèse
stapédienne transmet les vibrations entre
l’enclume et l’oreille interne, en court-circuitant
l’ankylose stapédienne. Les résultats
sont excellents : 95 % de restitution de l'audition.
- En cas
de contre-indication opératoire (rare), l'appareillage par
prothèse auditive donne d'excellents résultats.
Il n'empêche cependant pas la surdité
d'évoluer.
2)
Les
séquelles d'otites
- Etiologie
de fréquence non négligeable. Les otites moyennes
aiguës à répétition, les
otites moyennes chroniques aboutissant à des
séquelles entraînant une altération du
fonctionnement du système tympano-ossiculaire :
- perforation
tympanique, tympan flaccide ou accolé au fond de caisse
(atélectasie).
- lyse
ossiculaire avec interruption de chaîne. Blocage ossiculaire
cicatriciel (tympanosclérose).
- dysperméabilité
de la trompe d'Eustache, entravant l'aération de la caisse.
- Ces
altérations, isolées ou associées
entraînent une surdité de transmission,
légère ou moyenne qui constitue souvent la seule
séquelle de la maladie.
- Un
grand nombre de ces atteintes est accessible à un traitement
chirurgical.
- Cette
surdité est en général
fixée, quelquefois évolutive (labyrinthisation
par atteinte progressive de l'oreille interne).
- Elle
est souvent chirurgicalement curable par tympanoplastie, en restaurant
un système tympano-ossiculaire fonctionnel. Les
résultats sont moins bons que dans l'otospongiose (50
à 70 % de réhabilitation fonctionnelle
socialement correcte).
- La
prothèse auditive assure en cas d’échec
chirurgical une aide efficace.
- Malformations
congénitales de l'oreille externe et/ou moyenne d'origine
génétique, ou acquise (embryopathies
rubéolique ou toxique). Elles sont le plus souvent
isolées, uni ou bilatérales. Elles entrent
quelquefois dans le cadre d'un syndrome malformatif plus complexe de la
première fente branchiale (exemple : syndrome du premier arc
: syndrome otomandibulaire).
- Le
diagnostic est simple à la naissance en cas d'aplasie
majeure (malformation du pavillon, absence de conduit auditif externe).
- Il
peut être très difficile lors d'une aplasie
mineure unilatérale où la malformation
n'intéresse que la chaîne ossiculaire, de
découverte souvent fortuite.
- Si la
surdité est bilatérale, elle est
révélée par des signes indirects chez
le jeune enfant (cf. surdité de l'enfant).
- C'est
une surdité de transmission pure (l'oreille interne est
généralement normale, puisque d'origine
embryologique différente) ; elle est fixée, non
évolutive.
- Elle
est curable chirurgicalement. C'est une chirurgie difficile,
spécialisée. L'indication opératoire :
- est
discutable dans les formes unilatérales, car elles
n’entraînent peu ou pas de retentissement
fonctionnel
- ne
peut être posée avant l'âge de 7 ans
après bilan scanographique.
- En
attendant, dans les formes bilatérales, une
prothèse auditive à conduction osseuse doit
être mise en place, pour permettre un
développement socio-scolaire normal. Elle est
très efficace.
- L’aplasie
du pavillon nécessite un geste chirurgical de reconstruction
vers l’âge de 8 ans.
- De
diagnostic facile à l’examen, il se manifeste par
une surdité de transmission volontiers apparue
après un bain. Le traitement est aussi simple
qu'efficace : extraction par lavage (si le tympan est
fermé), ou aspiration.
5)
Les
surdités traumatiques
- Les
fractures du rocher atteignant l'oreille
moyenne entraînent une surdité de transmission :
- Réversible
en cas de simple hémotympan
- Permanente
par atteinte du système
tympano-ossiculaire : perforation tympanique, fracture,
luxation
ossiculaire. La réparation fait appel alors aux techniques
de tympanoplastie à
distance du traumatisme
- Les
traumatismes externes, par pénétration d'un
agent vulnérant par le CAE sont plus rares. Les
lésions et leur traitement sont
les mêmes que ceux des fractures du rocher.
- Les
barotraumatismes de l’oreille moyenne
qu'entraînent les variations brusques et importantes de
pression (plongée
sous-marine, aviation, blast...) sont favorisés par un
dysfonctionnement
tubaire (rhume, obstruction nasale chronique...). La
dépression relative au
niveau de la caisse du tympan provoque une exsudation
séreuse (otite séreuse),
voire une hémorragie (hémotympan) ou une rupture
tympanique ; elles
peuvent s’accompagner d’un barotraumatisme de
l’oreille interne.
- Elles
ont été vues lors de l'étude des
otites
moyennes aiguës (OMA) et chroniques.
- Rappelons
que la surdité de transmission :
- est
contingente dans l'OMA et
guérit le
plus souvent avec elle
- constitue
le signe majeur de l'otite
séromuqueuse à tympan
fermé ; l’otite séromuqueuse est la
cause la
plus fréquente de surdité de transmission de
l’enfant ; l'aérateur
transtympanique est efficace.
- peut
être le
premier et le seul signe d'un cholestéatome
de l'oreille moyenne
7)
Les surdités d'origine
tumorale
- Tumeur du
glomus tympano-jugulaire
- Carcinomes
du CAE et de l'oreille moyenne
- La
surdité peut être
révélatrice. Le problème
thérapeutique est celui de l'affection causale.
Points
clés
L'otospongiose
est la surdité de transmission
la plus fréquente.
Une
surdité de transmission est
chirurgicalement curable dans un nombre de cas important (chirurgie de
la
surdité)
L'appareillage prothétique (prothèse
auditive) est facile à adapter, et efficace dans
une surdité de
transmission
- D'intensité
variable, allant de la surdité
légère à la cophose
- Entraîne,
lorsqu'elle est bilatérale et sévère,
une élévation de la voix
« crier comme un sourd »
- La
gêne auditive est révélée ou
aggravée en
milieu bruyant et dans les conversations à plusieurs
personnes (signe de la
cocktail party)
- S'accompagne
ou non d‘acouphènes qui sont
volontiers de timbre aigu (sifflements), mal
tolérés, plus ou moins bien
localisés dans l'oreille
- Peut
s'accompagner de vertiges et/ou de troubles
de l'équilibre (atteinte labyrinthique ou nerveuse)
- S’accompagne
chez l’enfant d’un retard ou de
troubles du langage
- L'épreuve
de Weber est latéralisée dans l'oreille saine, ou
la moins sourde.
- Le
Rinne est positif.
- Les
courbes de conduction osseuse et aérienne sont
également abaissées, non dissociées.
- Le
Rinne audiométrique est dit positif (les courbes CA et CO
sont accolées).
- En
général la perte prédomine sur les
sons aigus (sauf en cas de maladie de Ménière
où la perte porte sur toutes les fréquences ou
bien prédomine sur les graves).
- Les
tests supraliminaires et l'audiométrie vocale montrent, dans
les atteintes de l'oreille interne des altérations
qualitatives de l'audition portant sur la hauteur (diplacousie), sur
l'intensité (recrutement), sur le timbre.
- Ces
altérations qualitatives sont habituellement absentes dans
les atteintes du VIII.
- L'audiométrie
objective par enregistrement des potentiels
évoqués auditifs précoces apporte
souvent des éléments intéressants pour
le diagnostic topographique (oreille interne, VIII, voies nerveuses).
Points
clés
Une
surdité de Perception peut être totale (cophose)
Une
surdité de Perception a toujours un Rinne positif
Une
surdité de Perception entraîne des distorsions
sonores
Les
potentiels évoqués auditifs en permettent souvent
un diagnostic topographique.
La surdité de
perception peut être d'apparition
brutale ou progressive. La
cause peut être inconnue ou incertaine. Le
traitement est souvent aléatoire ou inexistant. Le pronostic
fonctionnel est
incertain, voire péjoratif.
a)
La
surdité unilatérale brusque (SUB)
- "Coup
de tonnerre dans un ciel serein", la surdité brusque, en
règle unilatérale survient brutalement, en
quelques secondes ou minutes, accompagnée de sifflements
unilatéraux, et quelquefois de vertiges ou de troubles de
l'équilibre.
- L'examen
ORL clinique est normal.
- C'est
une surdité de perception plus ou moins profonde.
- Le
bilan clinique et biologique le plus complet ne montre en
règle aucune autre anomalie.
- On
peut simplement soupçonner quelquefois, sur des arguments
anamnestiques en général discrets :
•
Une
origine virale (rhinopharyngite datant de
quelques jours, allure saisonnière).
•
Une
origine vasculaire (sujet âgé, présence
de
facteurs de risque, d'atteinte vasculaire).
- Le
pronostic fonctionnel est péjoratif (50 % à 75 %
ne récupèrent pas), surtout si la
surdité est sévère ou profonde et si
le traitement est retardé ou nul.
- La SUB est en effet
considérée comme une urgence médicale.
- Un
traitement médical peut être tenté dans
les premières heures ou les premiers jours. Son
efficacité est discutée, mais elle serait nulle
après le 8e-lOe jour.
- Quelle
que soit la cause soupçonnée, il peut comprendre
les éléments suivants:
- Mise
en œuvre d'un traitement associant aux corticoïdes,
et de façon variable, pendant 6 à 8 jours :
- Perfusions
de vasodilatateurs
- Oxygénothérapie
hyperbare
- Carbogène
- Hémodilution
- Un
traitement de relais plus léger peut être
poursuivi pendant plusieurs semaines (vasodilatateurs...).
- 10 %
des patients présentant une surdité brusque sont
porteurs d’un neurinome de l’acoustique. Il doit
systématiquement être recherché face
à une SUB (PEA ou IRM injectée).
b)
Les
surdités traumatiques
- Les traumatismes crâniens
- La
surdité de perception peut être la
conséquence :
- d'une
fracture transversale (labyrinthique) du rocher, lésant
l'oreille interne (cf. Fractures du rocher). La surdité est
le plus souvent unilatérale ou prédomine d'un
côté : totale ou partielle, mais alors souvent
évolutive (dégénérescence
secondaire). Elle s'accompagne d’acouphènes et
souvent de vertiges, en général
régressifs.
- d'un
traumatisme crânien sans fracture du rocher. L'onde de choc
entraîne une commotion labyrinthique. La surdité
peut être régressive, en totalité ou en
partie.
- Les
surdités traumatiques résiduelles entrent dans le
cadre du syndrome post-traumatique (cf. Vertiges), et l'incidence
médico-légale est fréquente.
- Labyrinthites
otogènes par propagation de l'infection de l'oreille moyenne
: otite moyenne aiguë, cholestéatome de l'oreille
par fistule du canal externe ou effraction transplatinaire au niveau de
la fenêtre ovale. Elles peuvent régresser en
totalité ou en partie par un traitement antibiotique et
corticoïde énergique et précoce. Le
cholestéatome doit être
éradiqué chirurgicalement en urgence.
- Neurolabyrinthite
hématogène, microbienne (syphilis,
exceptionnelle) et surtout :
- Oreillons
: surdité unilatérale
- Zona
auriculaire : atteinte du VIII,
- Autres
virus neurotropes
- Neurolabyrinthite
suite à une méningite (surtout
bactérienne)
- La
surdité est en règle irréversible et
incurable.
On se
rapportera au chapitre item 344 – Vertiges -
Maladie de Ménière.
e)
Les
tumeurs de l'angle pontocérébelleux
: Le neurinome de
l'acoustique
- Le
neurinome de l'acoustique est un schwannome
développé sur la VIIIième
paire. C'est une tumeur rare, mais dont le diagnostic doit
être fait au stade précoce.
- Le
début, insidieux est le plus souvent constitué
par une surdité de perception unilatérale de
l'adulte, d'évolution lentement progressive et
remarquée en général fortuitement.
- Les
acouphènes sont contingents, les troubles de
l'équilibre discrets et inconstants.
- Le
neurinome du VIII se révèle quelquefois par un
symptôme brutal et unilatéral : surdité
brusque, paralysie faciale.
- Toute surdité unilatérale
progressive de l'adulte de cause non évidente doit faire
évoquer un neurinome de l'acoustique. Les
étapes diagnostiques sont les suivantes :
- Examen
clinique :
- Recherche
d'une hypoesthésie cornéenne
unilatérale
- Recherche
de signes vestibulaires spontanés
- Recherche
de signes vestibulaires provoqués (Secouage de
tête, Vibrateur, Halmagyi)
- Examen
fonctionnel cochléo-vestibulaire :
- Audiométrie
tonale et vocale (surdité de perception avec
intelligibilité effondrée)
- Potentiel
évoqué auditif, examen fonctionnel essentiel et
fiable (l’allongement des latences du
côté atteint signe l’atteinte
rétrocochléaire)
- Epreuves
calorique et otolithique (déficit vestibulaire
unilatéral)
- Imagerie :
- IRM
CAI-Fosse postérieure avec injection de gadolinium
- La
prise en charge peut être chirurgicale, surveillance
radio-clinique ou radiothérapie
stéréotaxique (gamma knife). Le choix se fait en
fonction de l’âge du patient, de la taille et de
l’évolutivité du neurinome, de sa
localisation et de la symptomatologie.
Points
clés
Toute
surdité de perception unilatérale progressive de
l'adulte doit faire évoquer un
neurinome de l'acoustique
Une
surdité brusque est une urgence médicale
- C'est
une surdité de perception cochléaire, en
règle bilatérale, d'installation progressive chez
l'adulte jeune, s’aggravant au fil du temps, parfois
très rapidement. Elle peut s'accompagner
d’acouphènes bilatéraux. Le handicap
fonctionnel est dramatique chez ce sujet en pleine activité
professionnelle. Elle échappe à tout traitement
médical ou chirurgical. Les vasodilatateurs sont
classiquement prescrits, d'efficacité discutable.
- L'origine
génétique est souvent suspectée
(autosomique dominant).
- La
prothèse acoustique amplificatrice doit être
prescrite rapidement dès que
l’intelligibilité de la parole chute en dessous de
30 %. L’implant cochléaire est indiqué,
en relais de la prothèse amplificatrice,
si la surdité est profonde,
bilatérale.
- Ce
n'est pas une maladie mais un processus normal de vieillissement
portant sur toutes les structures neurosensorielles du
système auditif (oreille interne, voies et centres nerveux).
Ce processus commence très tôt, vers
l'âge de 25 ans (amputation des fréquences les
plus aiguës du champ auditif) sans qu’il
n’y ait avant longtemps de trouble de
l’intelligibilité.
- La
presbyacousie se manifeste socialement à partir de 65 ans,
par une gêne progressive de la communication verbale,
beaucoup plus importante que ne le laisserait prévoir la
courbe audiométrique tonale, si des troubles de la
sélectivité fréquentielle par atteinte
des cellules ciliées externes, et de
l'intégration corticale du message verbal sont
associés à l’atteinte
d’oreille interne.
- Elle
peut débuter beaucoup plus tôt du fait :
- De
facteurs génétiques (presbyacousie
précoce, forme de passage avec la surdité
évolutive du jeune)
- De
facteurs pathologiques associés : insuffisance vasculaire,
diabète, traumatismes sonores professionnels, atteintes
toxiques...
- La
surdité de perception est bilatérale et
symétrique et porte sur les fréquences les plus
aiguës (4000 Hz), puis s'étend vers les
fréquences conversationnelles (500 à 2000 Hz).
- Le
traitement est inexistant.
- La
prothèse auditive idéalement
bilatérale constitue une aide appréciable si elle
est prescrite précocement (à partir
d’une chute bilatérale de 30dB à
2000Hz) ; son efficacité est
améliorée si l’on y associe une
prescription de rééducation orthophonique, par
l’apprentissage de la lecture labiale,
l’éducation auditive et le travail cognitif sur
les suppléances mentales. L’éducation
de l’entourage est utile.
- Chroniques
d'origine
professionnelle. Ils sont encore fréquents
(surdités des forgerons, des chaudronniers…). Les
surdités professionnelles s'observent en milieu industriel
bruyant.
-
La
zone d'alarme de la nuisance auditive est de
85 dB (A) pendant 8 heures par jour. Les sons impulsifs et les spectres
sonores
aigus sont les plus nocifs. La susceptibilité individuelle
au bruit est grande.
Il n'y a actuellement pas de test de dépistage fiable des
sujets à haut risque
auditif.
-
Les
troubles de l'atteinte cochléaire se
manifestent d'abord par une fatigue auditive dans les premiers mois
d'exposition au bruit, et de sifflements d'oreille,
réversibles à l’éviction du
bruit.
-
Les
premiers signes de la surdité sont
audiométriques : scotome auditif sur la fréquence
4000 Hz, bilatéral. Puis la
perte s'étend en tache d'huile vers les aigus et les
fréquences
conversationnelles. La gêne auditive apparaît
alors, puis s'aggrave. La surdité
n'évolue plus après éviction de
l'ambiance sonore.
-
Il
n'y a pas de traitement.
-
C'est
dire l'importance des mesures de
prévention.
-
Protection
individuelle et collective contre le
bruit
-
Audiogrammes
de contrôle (médecine du travail).
-
La
surdité due au traumatisme sonore chronique
entre dans le cadre du tableau 42 des maladies professionnelles depuis
1963.
- Aigus,
accidentels. Un
bruit soudain et violent (déflagration...) peut
entraîner une lésion de l'oreille interne et une
surdité bilatérale, portant ou
prédominant sur la fréquence 4000 Hz,
accompagnée souvent de sifflements d'oreille et quelquefois
de vertiges.
-
Elle
est susceptible de régresser en totalité ou
en partie. Elle est justiciable d'un traitement médical
d'urgence, qui est
celui des SUB.
-
Lorsque
l'accident survient brutalement, pendant
ou à l'occasion du travail, il entre dans le cadre des
accidents du travail (et
non des maladies professionnelles).
- Les barotraumatismes de
l’oreille interne
-
Ils
ont la même étiologie que ceux de
l’oreille
moyenne. Ils entraînent surdité et vertiges
rotatoires. Le traitement doit être
réalisé en urgence.
-
La
thérapeutique comporte :
-
Corticothérapie
-
Désobstruction
nasale par vasoconstricteurs
locaux
-
Traitement
vasodilatateur
-
En
cas d’épanchement de l’oreille
moyenne :
évacuation par paracentèse et antibiotiques per os
-
Une
thérapeutique prophylactique pour en éviter
la répétition : rétablissement de la
perméabilité nasale...
d)
Les surdités toxiques
Elles
sont essentiellement le
fait de substances médicamenteuses.
La
surdité toxique est bilatérale
lorsque la drogue est délivrée par voie
générale, prédomine sur les
fréquences aiguës.
Elle est irréversible et incurable.
- En
règle il s’agit des
aminosides :
-
Ils
sont ototoxiques sur la cochlée et/ou le
vestibule.
-
Les
nouveaux aminosides ont une ototoxicité
moins importante que la streptomycine, et un tropisme plutôt
vestibulaire que
cochléaire
-
Elle
survient essentiellement :
-
Par
surdosage et répétition des traitements
-
Chez
des sujets insuffisants rénaux
-
Dans
certains cas, par prédisposition
génétique
(ADN mitochondrial)
-
C'est
dire l'importance des mesures préventives
:
-
Surveillance
de la fonction rénale
-
Adaptation
des doses en surveillant les
concentrations plasmatiques
-
Indications
précises
-
Audiogramme
systématique chez les sujets à
risque
-
Diurétiques
: furosémide (potentialise
l'ototoxicité des aminosides)
-
Antimitotiques
: cisplatine, moutardes à l'azote
-
Quinine
et dérivés
-
Rétinoïdes
- Produits
industriels : CO, Hg, Pb...
Points
clés
L'ototoxicité
est essentiellement rencontrée chez un
insuffisant rénal, traité par aminosides ou par
prédisposition génétique
Une
surdité par traumatisme sonore se caractérise par
une perte auditive
prédominant sur le 4000 Hz
La
prothèse auditive est parfois difficile à adapter
dans une surdité de
perception, du fait des distorsions auditives
L’implant
cochléaire est le moyen de
réhabilitation des surdités profondes ou totales bilatérales
- Ne
se pose que très rarement chez l'adulte
conscient.
- Il
peut se discuter en cas de surdité psychogène
ou simulée.
- Les
épreuves audiométriques objectives
permettent en général de lever le doute : surtout
l'audiométrie par potentiels
évoqués auditifs avec recherche des seuils.
Les atteintes
auditives par lésion des voies centrales de l'audition lors
d'atteintes hautes
du tronc cérébral ou des régions
sous-cortico-corticales ne méritent pas le nom
de surdité. Elles ne se manifestent pas par une baisse de
l'ouïe, mais par des
troubles gnosiques : le sujet entend (audiogramme tonal
normal), mais ne
comprend pas (audiogramme vocal altéré). Souvent
les lésions des voies
auditives centrales n'entraînent aucune plainte auditive (SEP
ou tumeur du
tronc cérébral par exemple).
L'audiométrie
par
potentiels évoqués auditifs apporte par contre
des renseignements importants
pour la mise en évidence et la localisation des
lésions des voies auditives.
La surdité de
l'enfant a un retentissement d’autant plus
grave
- qu'elle
existe à la naissance ou qu'elle apparaît avant
l'âge normal d'acquisition du langage (18 mois - 2 ans)
- et
qu’elle est bilatérale et importante.
La conséquence
en est en effet :
- Un
trouble de la communication orale d’autant plus important que
le seuil est élevé : majeur, lorsque la
surdité est sévère ou profonde
(supérieure à 70 dB) ; plus ou moins
marqué lorsqu’elle est moyenne (entre 40 et 70 dB)
voire légère
Sont le plus souvent
indirects et varient suivant l'âge.
C'est le comportement
anormal vis-à-vis du monde sonore :
absence de réactions à la voix, aux bruits
environnants même forts. Un
gazouillis normal peut s'installer vers 3 mois, simple "jeu moteur"
des organes phonateurs, qui peut faire illusion, mais
disparaîtra vers l'âge de
1 an.
C'est l'absence ou le
retard de développement du langage
parlé, ou quelquefois sa régression si la
surdité s'est installée récemment.
Cela contraste souvent avec un bon développement du langage
mimique ou gestuel.
Les surdités
sévères ou profondes ont en
général été
reconnues. Les surdités légères ou
moyennes peuvent prendre le masque d'un
banal retard scolaire et faire orienter faussement le diagnostic vers
des
troubles caractériels ou un problème
psychologique. Les troubles de
l'articulation sont fréquents.
L'attention peut
être attirée par une symptomatologie
otologique (malformation, otite...).
Essentiel, il fera
préciser :
- Les
antécédents héréditaires
- Le
déroulement de la grossesse, l’existence
éventuelle d’une réanimation
néonatale
- Les
maladies postnatales
- Le
développement psychomoteur
Il faut savoir
dans
tous les cas prendre en considération les doutes
formulés par les parents
pouvant orienter vers une atteinte auditive.
3)
LE BILAN AUDIOLOGIQUE
Ils peuvent
être utilisés par tout médecin
(généraliste,
pédiatre, PMI, ORL...). Les 3 certificats obligatoires du
carnet de santé
(circulaire ministérielle de 1977) à la
naissance, au 9e mois et au 24e mois
comportent une rubrique sur l'état de l'audition.
L’incidence de la surdité
profonde à la naissance est de 1,3 %°.
Un enfant entendant
à la naissance peut
devenir malentendant.
Cette
notion d’évolutivité plaide
à
la fois pour le dépistage néonatal et au cours
des premières années.
Ils
sont réalisés :
- Le
dépistage est réalisé en
période néonatale. Le dépistage fait
appel à 2 techniques d’audiométrie
objective :
- Otoémissions
acoustiques (5% de faux positifs)
- PEA
automatisés (1% de faux positifs)
- Le
dépistage systématique effectué dans
les milieux à haut risque de surdité (services de
néonatologie...) peut faire appel à l'observation
des réponses réflexes à une
stimulation sonore par générateur de bruit
calibré, de 60 à 100 dB, et aux PEA.
- Vers 4
mois (examen non obligatoire) : C'est
l'étude des réactions auditives aux bruits
familiers : voix de la mère, biberon, porte...
- Au 9ième
mois : on utilise les bruits familiers, et les jouets sonores
divers, calibrés en fréquence et en
intensité.
- Au 24ième
mois : La voix chuchotée, la voix haute, les jouets
sonores sont les stimuli les plus souvent utilisés.
- A
l'entrée à l'école vers 6
ans : Les surdités sévères ou
profondes ont en général
été dépistées.
L'audiogramme du médecin scolaire pourra
révéler une hypoacousie
légère ou moyenne.
Elle est faite par le
médecin spécialiste ORL.
- A tout
âge et dès la naissance :
L'audiométrie objective fait actuellement appel à
l'enregistrement des potentiels évoqués auditifs
(PEA) et des OEAP (otoémissions acoustiques
provoquées). Elle permet de fixer le niveau de la
surdité, à 10 dB près (mais sur les
fréquences aiguës seulement).
- Entre
3 mois et 5 ans : On peut utiliser l'audiométrie
par réflexe conditionné, par des
médecins ORL : elle repose sur l'établissement
d'un réflexe conditionné dont le stimulus est un
son qui provoque après apprentissage :
- un
geste automatico-réflexe (l'enfant tourne la tête
vers la source sonore : réflexe d'orientation
conditionné ou ROC)
- ou
un geste volontaire à but ludique (l'enfant appuie sur un
bouton faisant apparaître des images amusantes : peep-show ou
mettant en marche un train jouet : train-show)
- ces
gestes indiquent à l'observateur que l'enfant a
perçu le son.
- Lorsque
le conditionnement est établi, il est ainsi possible, en
diminuant progressivement l'intensité sonore de
déterminer fréquence par fréquence le
seuil auditif, donc d'établir un audiogramme
précis à 10-15 dB près.
- A
partir de 5 ans (niveau du
développement psychomoteur de l’enfant) :
Les techniques d'audiométrie
tonale subjective de l'adulte peuvent être
utilisées.
4)
Le
bilan orthophonique et l’examen psychologique
avec détermination du QI sont indispensables pour
compléter le bilan d'une
surdité de l'enfant.
Le diagnostic d'une
surdité de l'enfant est souvent difficile
- Il
ne faut pas méconnaître une surdité
devant
tout signe d’appel (retard de langage ou de parole, retard
scolaire ou troubles
du comportement).
- Diagnostic
différentiel :à contrario, il ne
faut pas prendre pour une surdité toute absence ou retard de
langage car les
causes d'origine extra auditive sont:
- Autisme,
troubles envahissant du développement,
- Troubles
neurologiques, dysphasies
- Retard
psychomoteur
L'examen
audiométrique objectif reste la clé du diagnostic
dans les cas douteux.
Points
clés
La surdité du
jeune enfant se manifeste par des signes indirects.
Le médecin
généraliste et le pédiatre jouent un
rôle
essentiel dans le dépistage.
L'audiométrie objective
par potentiels évoques
auditifs permet une mesure précise de l'audition
à tout âge.
Surdités
moyennes (toujours moins de 60 dB de perte), elles
sont compatibles avec une acquisition spontanée du langage,
qui est cependant
plus ou moins perturbé, lorsqu'elles sont
bilatérales.
- Les
aplasies de l'oreille externe et/ou moyenne par malformation de la
1ère fente et du 1er arc branchial sont uni ou
bilatérales
- isolées
- ou
associées à d'autres malformations du premier arc
: exemple : syndromes oto-mandibulaires.
- La
maladie de Lobstein (maladie des os de verre) associe à la
surdité une fragilité osseuse, des
sclérotiques bleues, une hyperlaxité ligamentaire.
- Unilatérales,
elles n'ont pas de conséquence
majeure sur le développement du langage ou sur le plan
social ; elles sont
souvent de découverte fortuite.
- Bilatérales,
se répartissent en :
- Surdités
isolées (non syndromiques), non
évolutives, génétiques, en
général récessives, constituant 60%
des surdités
sévères ou profondes de l'enfant (la mutation la
fréquemment retrouvée concerne
le gène codant pour la connexine 26)
- Surdités
associées (syndromiques) à d'autres
malformations réalisant de nombreux, mais très
rares syndromes plus ou moins
complexes.
- Exemples
:
- Syndrome
d'Usher : rétinite pigmentaire
- Syndrome
de Wardenburg : mèche blanche,
hétérochromie irienne
- Syndrome
de Pendred : goître avec
hypothyroïdie
- Syndrome
d'Alport : insuffisance rénale
- Syndrome
de Jerwell Lange Nielsen :
altérations cardiaques (troubles ECG : QT long) ;
risque de mort subite
- Mucopolysaccharidoses
(thésaurismoses) : maladie
de Hurler (gargoïlisme), maladie de Morquio.
Elles peuvent
être congénitales ou post-natales.
Les embryopathies et les
foetopathies constituent près de 15
% des surdités bilatérales
sévères ou profondes.
- TORCH
syndrome
- Toxoplasmose
- O
pour « Others » (syphilis, HIV)
- Rubéole
- CMV
- Herpès
- Les
atteintes toxiques : aminosides donnés à la
mère, certains médicaments
tératogènes (thalidomide)
15 % des
surdités sévères ou profondes dues :
- Au
traumatisme obstétrical
- A
l'anoxie néonatale
- A
la prématurité
- A
l'incompatibilité Rhesus (ictère
nucléaire)
entraînant des lésions de l'oreille interne et/ou
des centres nerveux auditifs.
Classiques de l'adulte,
notamment :
- Traumatiques
- Toxiques
- Infectieuses
générales (méningite) ou locales
(otites), particulièrement l'otite
séromuqueuse à tympan fermé,
responsable de nombreuses hypoacousies légères ou
moyennes de l'âge préscolaire ou scolaire.
Points
clés
La
majorité des surdités bilatérales
sévères ou
profondes de l'enfant est d’origine
génétique.
L'otite séromuqueuse de
l'enfant est responsable de la
majorité des surdités
légères ou moyennes de la période
préscolaire ou
scolaire.
1)
Les
surdités de transmission
Elles peuvent
bénéficier d'un traitement médical ou
chirurgical.
2)
Les
surdités de perception
Toutes les
surdités de perception moyennes à profondes
doivent être appareillées précocement.
Il s’y associe systématiquement une
prise en charge orthophonique : acquisition et correction du
langage parlé
(ancienne "démutisation"). Les résultats
thérapeutiques seront
d'autant meilleurs que :
- La
surdité est moins profonde
- La
rééducation est plus précoce
- Les
possibilités intellectuelles (QI) sont plus
grandes
- L’enfant
est bien entouré par le milieu familial
En cas de
surdité de perception bilatérale
sévère ou profonde
avec des résultats prothétiques insuffisants, il
faut envisager la mise en
place d'un implant cochléaire (prothèse
électronique avec électrodes de
stimulation implantées dans la cochlée).
L’apprentissage
du langage oral par des méthodes fait
essentiellement appel:
- aux
perceptions auditives restantes, ou par
l’appareillage
- et
à un soutien visuel adapté (lecture labiale,
langage parlé complété)
La langue
des signes
est proposée en cas de surdité profonde
bilatérale sans espoir de
réhabilitation auditive efficace par des
prothèses adaptées : acoustique
ou implant cochléaire.
La
rééducation de début
précoce associe médecin ORL,
pédiatre, pédopsychiatre, pédagogue,
orthophoniste, audioprothésiste.
Cette équipe se
charge autant de l’accompagnement parental
que de l'enfant sourd, jusqu’à
l’adolescence, afin de maintenir idéalement
l’enfant dans son milieu familial, puis en milieu scolaire
normo-entendant.
Ceci est maintenant possible même pour les sourds profonds
grâce à l’implant
cochléaire.
Parfois, selon
l’environnement, l’existence d’un
handicap associé
majeur, ou l’absence d'un soutien familial efficace impose le
placement de
l’enfant dans un institut spécialisé
(en général à partir de 3 ans).
Les
principales étapes du développement du langage de
l’enfant. Tout retard des
acquisitions doit faire rechercher une surdité.
- Réaction
aux bruits dès la naissance
- Gazouillis
vers 3 mois
- Reconnaissance
du nom vers 4 mois
- Imitation
des sons et des intonations vers 6
mois
- Redouble
les syllabes vers 10 mois
- Premiers
mots à 12 mois
- Utilisation
d'un vocabulaire de 50 mots et
juxtaposition de 2 à 3 mots vers 18 mois
- Vers
3 ans, l'enfant
- Comprend
le langage de ses activités quotidiennes
- Utilise
le "je"
- Communique
et fait des phrases avec sujet/verbe/complément
- Pose
des questions
- Parle
sans déformer les mots
- Possède
déjà un vocabulaire étendu
- Comprend
et construit des phrases complexes
- Est
capable d'évoquer un événement et de
raconter une histoire
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