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Le handicap auditif est
la conséquence d’une surdité.
L’importance du handicap dépend de la date de
survenue de la surdité, de son
intensité, de son caractère uni ou
bilatéral et permanent.
La surdité
peut trouver son origine au niveau de l’oreille
externe, de l’oreille moyenne, de l’oreille interne
et de la voie auditive
centrale.
En fonction du niveau
lésionnel, sont définies les surdités
de transmission et les surdités de perception, ainsi que les
surdités mixtes
lorsque les deux types sont associés.
Les
surdités de
transmission sont liées à des
pathologies de l’oreille externe (pavillon et
conduit auditif externe), des pathologies de l’oreille
moyenne (tympan,
osselets, mastoïde, tube auditif). Ces pathologies peuvent
d’origine
malformative et donc congénitales ou le plus souvent
acquises et d’origine
inflammatoire et infectieuse (otites
chroniques). Enfin certaines surdités correspondent
à des atteintes
dégénératives avec ankylose
stapédo-vestibulaire, comme dans l’otospongiose
chez l’adulte. Ces déficits auditifs sont la
conséquence de la perte de la
fonction d’adaptateur d’impédance de
l’oreille moyenne. La perte auditive est
donc au maximum de 40 dB (50 à 60 dB en cas de grand
syndrome malformatif).
Les
surdités de
perception sont liées à des pathologies
de l’oreille interne le plus
souvent, du nerf auditif ou très rarement des voies
auditives centrales.
L’atteinte de
l’oreille interne est prédominante, dans les
surdités congénitales bilatérales
souvent d’origine génétique ou
inconnue ; le déficit auditif est variable suivant
les cas entre 20 et
plus de120 dB. La surdité de
perception
congénitale bilatérale profonde
représente un handicap sensoriel majeur à
l’origine de troubles sévères de la
communication.
A.
La
classification des surdités en fonction du
déficit auditif
Elle
s’établit de la façon
suivante (sur la meilleure
des deux oreilles):
- Surdité
légère :
de 20 à 39 dB de perte auditive
- Surdité
moyenne : de
40 à 69 dB de perte auditive
- Surdité
sévère :
de 70 à 89 dB de perte auditive
- Surdité
profonde : de plus de 90 dB de perte
auditive
Le niveau de 40 dB
représente le premier niveau majeur de
handicap, car la parole ne peut être perçue que si
le locuteur élève la
voix ; à 90 dB la parole ne peut plus
être perçue.
B.
L’évaluation
fonctionnelle de la surdité
Elle repose, chez
l’enfant et chez l’adulte que sur les
tests d’audiométrie comportementale.
1)
Chez
l’enfant
Les techniques
d’audiométrie comportementale précoces
peuvent être utilisées, en
général à
partir de l’âge de trois mois (dès que
le
développement psychomoteur de l’enfant lui permet
de tenir
sa tête). Les tests
sont réalisés au casque et au vibrateur pour
obtenir des
niveaux de seuil en
conduction aérienne et en
conduction
osseuse, sur l’ensemble des fréquences. Les
techniques de conditionnement et le
matériel sonore utilisé est choisi en fonction de
l’âge. Ces données sont indispensables
pour poser les indications et la prise d’un appareillage
prothétique qui doit
pouvoir être réalisé au mieux
à partir de l’âge de 6 mois,
âge optimal actuel
du diagnostic des surdités congénitales.
Les autres
techniques : test des Otoémissions acoustiques
ou Potentiels évoqués auditifs
précoces automatisés, représentent des
techniques de dépistage néo natal de la
surdité en maternité. Les potentiels
évoqués auditifs du tronc
cérébral sont aussi utiles pour donner une
première
approche du seuil auditif sur les fréquences
aiguës. L’impédancemétrie est
utilisée pour l’approche diagnostique des
atteintes de l’oreille moyenne.
Au-delà du
dépistage
néonatal des surdités, il est
recommandé que soit réalisé
systématiquement un dépistage des
surdités de
l’enfant
à l’âge
de 4 mois, 9 mois, 2 ans et 4
ans. Ce dépistage fait intervenir la notion de facteurs de
risque, prend en
compte l’entretien avec les parents, les tests de stimulation
vocale et
l’acoumétrie aux jouets sonores.
Toute suspicion doit
faire réaliser un test d’audiométrie
comportemental adapté à l’âge
(comme précédemment décrit), par une
équipe
spécialisée.
2)
Chez
l’adulte
Le bilan
audiométrique doit comporter systématiquement une
audiométrie tonale et vocale et un examen
impédancemétrique. Les potentiels
évoqués auditifs du tronc
cérébral sont réservés au
diagnostic topographique
des surdités de perception.
A.
Le
développement normal du langage oral de
l’enfant
Il suit les
étapes suivantes :
-
A la naissance
l’enfant réagit aux bruits.
-
Il présente
les premiers gazouillis vers 3 mois, il babille.
-
Il réagit à
son nom vers 4 mois.
-
Il imite des
sons et des intonations vers 6 mois.
-
Il donne un
objet à la demande vers 8 mois.
-
Il communique
avec les premiers mots à 12 mois.
- Il utilise un vocabulaire de 50
mots et juxtapose deux à trois mots vers
l’âge de 18 mois.
- Vers l’âge de 3 ans,
l’enfant :
-
Comprend
le langage de ses activités quotidiennes,
-
Utilise
le « je »,
- Communique et
fait des phrases avec sujet/verbe/complément,
-
Pose
des questions
- A l’âge de 5 ans,
l’enfant :
-
Parle
sans déformer les mots.
-
Possède
déjà un vocabulaire étendu.
-
Comprend
et construit des phrases complexes.
- Est capable
d ‘évoquer un
événement et de raconter une histoire.
Le handicap est
d’autant plus sévère que le
déficit auditif (bilatéral) est important et
qu’il
débute tôt dans l’apprentissage du
langage, oral et écrit.
B.
Signes
d’appel – Principes de prise en charge
Chez le nourrisson, toute
anomalie dans le calendrier du
développement normal doit faire réaliser les
tests spécialisés dans les plus
brefs délais.
Chez l’enfant
en période préscolaire, tout petit retard
d’acquisition du langage ou retard de parole doit faire
rechercher rapidement
un déficit auditif.
Une otite
séromuqueuse chronique bilatérale est responsable
d’une surdité de transmission, elle-même
potentiellement responsable d’un
trouble d’acquisition, doit être traitée.
Les surdités
de perception bilatérales peuvent survenir au
cours de méningites, de traitement ototoxiques ou
être de survenue progressive,
secondaire et probablement génétique.
Il en est de
même à l’âge scolaire.
Toute
surdité de
perception bilatérale doit être prise en charge
très rapidement par une équipe
spécialisée, assurant le bilan et le suivi ORL,
pédiatrique, orthophonique et
audioprothétique, l’accompagnement parental et le
suivi éducatif.
L’appareillage
prothétique bilatéral est pris en charge
à 100%
jusqu’au 20° anniversaire.
L’implantation
cochléaire sera réservée aux formes
bilatérales profondes, en l’absence
d’apport des prothèses conventionnelles.
Elle est souhaitable dans ces conditions dés
l’âge de 12-18 mois pour les
surdités congénitales et au plus tôt
dans les mêmes conditions pour les
surdités secondaires.
A.
Généralités
Les surdités
de transmission doivent faire l’objet d’une
prise en charge spécifique, dont font partie les traitements
chirurgicaux.
Les surdités
de perception bilatérales sont le plus souvent
progressives touchant aussi préférentiellement
les fréquences aiguës, au moins
au début. Des surdités bilatérales
profondes peuvent survenir dans des
circonstances particulières : fracture
bilatérales des rochers, méningites
bactériennes, surdités brusques
Les surdités
bilatérales qui apparaissent à
l’âge adulte ont
des conséquences variables en fonction de
l’intensité de la perte
auditive, de l’âge du sujet.
B.
Retentissement
Toute surdité
bilatérale de 35-40 dB sur les fréquences
médium et aiguës représente une
gêne sociale invalidante.
Un étudiant
dans l’enseignement secondaire et supérieur peut
se retrouver en difficulté.
Tout adulte en
activité professionnelle peut se trouver en
difficulté, avec des risques de perte d’emploi et
de reclassement
professionnel.
Tout sujet senior risque
de s’isoler progressivement. Ayant
tendance à éviter les contacts sociaux, familiaux
et l’utilisation du
téléphone, il risque de perdre les stimulations
essentielles pour préserver ses
facultés intellectuelles.
C.
Principes
de prise en charge
Les conditions
d’appareillage prothétique bilatérales
devraient idéalement permettre d’appareiller
précocement tout adulte, compte
tenue des évolutions technologiques actuelles.
La prise en charge
orthophonique doit être réservée au
formes sévères profondes pour permettre une
rééducation de la lecture labiale.
Ce sont aussi ces patients devenus sourds profonds qui en
l’absence
d’apport des
prothèses conventionnelles
sont candidats à l’implantation
cochléaire.
Sur le plan
administratif, les surdités professionnelles
sont listées au tableau 42 des maladies professionnelles et
donnent droit, sous
condition, à indemnisation.
Les différents
barèmes qui évaluent le handicap auditif, en
droit commun, droit du travail ou dans le cadre de la fonction publique
considèrent que le taux IPP (Incapacité Permanent
Partielle) varie entre 5%
pour une surdité légère
bilatérale et 80% pour une surdité
bilatérale de 80 dB
et plus.
Chez l’enfant,
elles n’ont habituellement pas de
retentissement sur l’acquisition du langage oral cependant il
faut rester
vigilant car leur pourcentage serait plus important dans la population
des
enfants présentant une dyslexie et dysorthographie que dans
la population
générale.
Chez l’adulte
leur survenue (impose la recherche d’une
atteinte rétrocochléaire systématique)
fait apparaître des plaintes variables
en rapport essentiellement avec la perte de discrimination de la parole
en
milieu bruyant : réunion,
repas en
groupe, conducteur présentant une surdité droite.
Ces patients doivent
pouvoir bénéficier des apports
d’appareillages prothétiques spéciaux
en conduction osseuse.
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