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A.
LA
PRESBYACOUSIE
Elle se
définit comme une altération de
l’audition liée à
l’âge, mais il ne faut pas
oublier qu’un sujet âgé peut
présenter tous les types de surdité
rencontrés
chez les patients plus jeunes.
Les
antécédents d’otite,
d’otospongiose, les traumatismes de toute nature, les
toxiques, certaines infections... peuvent provoquer une
surdité à laquelle
viendront s’ajouter les effets du vieillissement.
Le
vieillissement sensoriel commence très tôt pour
l’organe auditif (dès l’âge de
25 ans). Il affecte le champ auditif
au
niveau de l’extrême aigu et reste très
longtemps infra-clinique. La perte
auditive moyenne (fréquences conversationnelles) est
estimée à 0,5 dB par année
d’âge à 65 ans, 1 dB à 75
ans, 2 dB à 85 ans.

Le
vieillissement de l’oreille interne est variable selon les
sujets. Cette
variabilité est liée à un terrain
génétique et à des facteurs
d’aggravation
locaux (otite chronique...), généraux
(dysmétabolique, vasculaire....) ou
environnementaux (traumatismes sonores...).
1)
PHYSIOPATHOGENIE
La
presbyacousie touche les cellules sensorielles de l’organe de
Corti qui
subissent une dégénérescence plus
importante à la base de la cochlée (sons
aigus) qu’au sommet (sons graves). Ce sont les cellules
ciliées externes qui
sont les plus touchées. Ces cellules contractiles adaptent
la déformation de la
membrane basilaire au stimulus en
améliorant la sélectivité de la
perception fréquentielle.
Chez le sujet
presbyacousique, il y a une élévation des seuils
auditifs du fait de la
dégénérescence des cellules
ciliées internes (il faut augmenter
l’intensité du
son pour qu’il soit perçu), il y a diminution de
la discrimination
fréquentielle par
dégénérescence des cellules
ciliées externes aboutissant à
une altération de la compréhension de la parole
même amplifiée : “j’entends,
mais je ne comprends pas”.
2)
SIGNES
CLINIQUES
Il s’agit
d’une surdité de perception bilatérale
et symétrique prédominant
généralement
sur les fréquences aigues. Cette surdité est le
plus souvent isolée mais peut
parfois s’accompagner d’acouphènes et de
troubles d’équilibre.
La date
d’apparition des premiers troubles se situe
généralement entre 60 et 65 ans.
Lorsque les troubles débutent plus tôt dans la
vie, on parle de presbyacousie
précoce ou aggravée.
On distingue
habituellement trois stades à la presbyacousie
:
a)
stade
infra-clinique :
Les troubles sont
constitués par une perte
d’intelligibilité
dans le bruit. Le patient est gêné dans les
conversations à plusieurs (repas de
famille, restaurant), en réunion, en présence
d’un fond musical....
L’audiogramme
montre des seuils normaux sur les graves jusqu’à la fréquence
2000 avec une perte sur les
fréquences aigues inférieure à 30 dB,
inconstante.

b)
le
stade de retentissement social :
La gêne
auditive est nette, le patient devant faire
répéter
et demandant qu’on élève la voix. Ceci
se produit dès que la perte atteint 30
dB sur la fréquence 2000. La prise en charge est
impérative.
c)
le
stade d’isolement :
Le patient non
traité renonce à communiquer. Il s’en
suit parfois
l’installation d’un syndrome dépressif
3)
DIAGNOSTIC
L’examen ORL
montre des tympans normaux.
L’audiogramme
tonal montre une surdité de perception pure,
bilatérale et symétrique touchant
davantage les aigus que les graves.
L’audiométrie
vocale doit être réalisée de
façon systématique. L’importance des
troubles de
l’intelligibilité permet de présager
des résultats de l’appareillage.
Le diagnostic
différentiel pose surtout comme problème de ne
pas méconnaitre une pathologie
associée :
·
les
anomalies de l’otoscopie permettent
d’éliminer facilement les bouchons de
cérumen, les perforations tympaniques
séquellaires ou les otites chroniques en
évolution (cholestéatome)
·
En
cas de surdité de transmission ou de surdité
mixte, il est parfois nécessaire de recourir à
l’impédancemétrie pour faire le
diagnostic de blocage ou d’interruption de la
chaîne ossiculaire.
·
Enfin,
si la surdité de perception est
asymétrique, il faudra rechercher de principe un neurinome
de l’acoustique.
4)
TRAITEMENT
a)
L’appareillage auditif.
Il doit être
proposé dès que la perte auditive
dépasse 30 dB
à partir de la fréquence 2000. De
façon générale, cet appareillage doit
être
prescrit de la façon la plus précoce possible
sans attendre les effets de la
sénescence nerveuse.
La prothèse
auditive amplifie l’intensité du son
perçu mais
ne permet pas toujours une meilleure compréhension en raison
des troubles de la
discrimination. Le choix et le réglage de cet appareillage
doivent être fait
par un audioprothésiste expérimenté.
Des essais doivent être réalisés avant
l’achat. Il faut savoir que l’appareillage auditif
des presbyacousies est
souvent difficile et peut se solder par un échec.

b)
Rééducation
orthophonique
La prescription de
séances de rééducation orthophonique
permettant un apprentissage ou une amélioration de la
lecture labiale est
souvent une aide précieuse.
Enfin des conseils visant
à prévenir l’aggravation de la
situation, notamment par la prévention des traumatismes
sonores et une
surveillance annuelle de l’audition sont classiquement
proposés.
B.
LES
AUTRES SURDITÉS DU SUJET ÂGÉ
1)
Les
otites chroniques
Les perforations
tympaniques simples, (séquelles d’otites
chroniques suppurées) sont de diagnostic aisé.
Elles doivent être prises en
charge chirurgicalement jusqu’à un âge
avancé d’autant que cette chirurgie peut
être réalisée sous
anesthésie locale. Les perforations tympaniques sont en
effet une entrave à l’appareillage auditif avec
des prothèses à embout et leur
fermeture doit être proposée.
Le
cholestéatome du sujet âgé. Bien
qu’évoluant moins
rapidement que chez le sujet jeune, le cholestéatome
obéit aux mêmes règles
thérapeutiques que chez l’adulte plus jeune.
2)
L’otospongiose
L’otospongiose
du sujet âgé n’est pas rare. Que
l’affection
ait été auparavant négligée
ou qu’elle soit d’apparition tardive, elle
obéit
aux mêmes règles pour le diagnostic et
le traitement que l’otospongiose du
sujet jeune.
La prise en charge
chirurgicale peut être faite à un âge
très avancé et sous anesthésie locale.
3)
Les
autres surdités de perception du sujet
âgé
Toutes les autres causes
de surdité peuvent s’observer chez
les sujets âgés :
- Les
surdités traumatiques consécutives à
une fracture du rocher ou à une commotion labyrinthique lors
d’un traumatisme crânien, sans fracture.
- Les
surdités par traumatismes sonores : Les loisirs des
retraités pratiquant largement le bricolage, les
activités de tronçonnage,
débroussaillage, le tir et la chasse etc.... provoquent des
traumatismes sonores analogues aux troubles des surdités
professionnelles qui viennent s’ajouter aux effets du
vieillissement, d’où l’importance des
mesures de prévention.
- Les
surdités toxiques, infectieuses, vasculaires ou maladie de
ménière ne posent pas de problèmes
différents que ceux qui peuvent se poser chez le sujet plus
jeune
- La
surdité brusque unilatérale doit être
traitée de la même façon que chez le
sujet jeune
La prise en charge de
toutes ces surdités nécessite le plus
souvent le recours à l’appareillage auditif.
En cas de
surdité profonde bilatérale inappareillable,
l’implantation cochléaire peut être
proposée jusqu’à un âge
avancé.
A.
La
pathologie vertigineuse du sujet âgé
L'interrogatoire et l'examen clinique
ne diffèrent pas théoriquement de ceux de
l'adulte plus jeune. Mais certaines
pathologies fréquentes chez les personnes
âgées méritent une recherche
particulière : le diabète, les
pathologies cardio-vasculaires,
neurologiques, la prise de médicaments. De plus, la
sémiologie vestibulaire
peut être trompeuse.
1)
Le
vertige paroxystique positionnel bénin
Particularités
de ce diagnostic chez le sujet âgé :
C'est la cause la plus fréquente de vertige chez le sujet
âgé. L'interrogatoire
est souvent trompeur. En effet, le sujet ne décrit pas
spontanément le
caractère positionnel de ce vertige, réduit
souvent à de simples troubles de
l'équilibre. L'interrogatoire retrouve de
véritables attitudes d'évitements au
cours du sommeil : position semi-assise par exemple.
2)
La
maladie de Menière
Elle n'a pas de
caractère spécifique et peut apparaître
à
tout âge. Toutefois, les capacités de compensation
vestibulaire sont moindres
chez le sujet âgé. De plus, il peut
s’agir de la perte de compensation d’une
maladie de Menière ancienne et chronique.
3)
La
névrite vestibulaire.
Elle n'a pas de
caractère spécifique et peut apparaître
à
tout âge. L'examen neurologique est normal.
Il doit être
particulièrement rigoureux chez
le sujet âgé et peut
découvrir des symptômes préexistants
et, donc, trompeurs car sans rapport avec
le vertige récent. C’est dire
l’importance des renseignements
cliniques préexistants
pour éliminer une atteinte du système nerveux
central.
4)
L'ischémie
cochléo-vestibulaire
La symptomatologie
vertigineuse est identique, mais s'y
ajoute une surdité de perception voire une cophose. L'examen
cardiovasculaire
peut faire apparaître une cardiopathie emboligène.
B.
Atteinte
du système nerveux central entrainant des troubles de
l’équilibre
1)
Etiologie
vasculaire
- Le
syndrome de Wallenberg
- Hémiplégie
- Accidents
ischémiques transitoires du territoire
vertébrobasilaire
- Ataxie
cérébelleuse ou ataxie pseudo-tabétique
- Syndrome
lacunaire ou pseudobulbaire
2)
Syndrome
de Parkinson
3)
Les
causes médicamenteuses
- L'association
d'hypotenseurs, d'anxiolytiques et de somnifères aboutit
immanquablement à des troubles de l'équilibre :
il faut pouvoir proposer courageusement une "toilette" de l'ordonnance.
C.
Troubles
de l'équilibre du sujet âgé sans
pathologie particulière
1)
Rappel
physiologique
a)
Les
afférences peuvent être anormales
- La
vision peut être progressivement
altérée chez le sujet âgé
soit par cataracte ou atteinte de la rétine. Il peut
s’agir de correction ou de troubles de la convergence
négligés. Heureusement, la fonction visuelle de
la rétine périphérique est
conservée : c'est elle qui a le rôle le plus
important dans la fonction de l'équilibre.
- Troubles
de la sensibilité profonde et épicritique
intervenant dans la posture.
- Les
omissions vestibulaires : Il s’agit de la non-utilisation de
la fonction vestibulaire chez des les sujets ayant pourtant qui ont une
fonction vestibulaire normale (testée par l'examen électro-
ou vidéo-nystagmographique). mais qui
n'utilisent pas leur fonction vestibulaire. C’est un abandon
progressif de cette fonction par le patient du fait de la diminution
progressive de la leur mobilité de l’ensemble du
corps et notamment de la tête.
L’équilibre devient majoritairement
géré par la vision, ce qui explique le
déséquilibre
dans un environnement mouvant (rue, grand magasin). Un bilan
vestibulaire bien conduit (associant épreuves caloriques qui
sont normales et l’Equitest dont le score
d’utilisation vestibulaire est nul) doit pouvoir les
dépister et permettre une prise en charge par la
rééducation vestibulaire.
b)
Le
traitement central de l’information
- Altération
du traitement de l'information par le système nerveux
central. Citons l’atteinte des centres : Le tronc
cérébral et le cervelet : Il peut y avoir des
atteintes de type vasculaire qui peuvent altérer la fonction
de l'équilibre, le système pyramidal, le
système extrapyramidal et les noyaux gris centraux.
c)
Les
efférences :
- Diminution des
capacités physiques
2)
Les
facteurs aggravants à rechercher
- Manque
d'activité physique
- Dénutrition,
facteurs nutritifs, amyotrophie
- Anomalies
morphologiques fréquentes chez le sujet
âgé (par exemple : anomalies articulaires des
membres inférieurs et déformation des pieds,
pathologie rhumatologique)
- Effets
médicamenteux délétères
3)
Conduite
à tenir
- La
stimulation et l'entraînement physique
- La
rééducation vestibulaire
- L'apport
protéique
- La
réduction des psychotropes
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