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A.
Rhinites
aigues :
1)
Rhinite aigue de
l’adulte : « rhume
banal »
C’est
une
affection épidémique et contagieuse surtout
fréquente en automne et en hiver
dont la déclaration semble favorisée par une
baisse transitoire de l’immunité
(fatigue, surmenage, stress, …). Dans le langage courant,
« prendre
froid » équivaut à attraper
le « rhume ».
Pour sa
forme
typique, tout au début le sujet éprouve un
sentiment de lassitude vague, une
sensation de frissonnement, de pesanteur de la tête et
parfois des courbatures.
Dans les heures qui suivent, ce sont des troubles variables suivant que
le
rhume se localise d’abord au cavum ou prend le nez
d’emblée. Dans le premier
cas, c’est une sensation de sécheresse, de
cuisson, de brûlure dans le
rhinopharynx. Dans le second cas, c’est une sensation de
picotement nasal qui
provoque bientôt des éternuements
fréquents, du larmoiement, puis la rhinorrhée
entre en scène.
L’obstruction
nasale s’installe, unilatérale,
bilatérale ou à bascule.
L’écoulement parfois
très abondant d’un liquide séreux,
incolore, filant irritant la lèvre
supérieure et les orifices narinaires, oblige le malade
à des mouchages
incessants. Le sujet se plaint de céphalées
frontales et d’une sensation de
plénitude dans toute la face et les oreilles. Il
n’y a en général peu ou pas de
température.
L’examen
rhinologique montre une muqueuse très rouge avec une
hypertrophie congestive
des cornets. Après deux ou trois jours, le malaise
s’atténue, les sécrétions
changent d’aspect. Elles deviennent plus épaisses,
colorées en jaune, avec
parfois des stries sanguinolentes.
Puis
quelques
jours plus tard, les sécrétions se modifient
à nouveau ; elles
redeviennent moins épaisses, plus claires, muqueuses, puis
elles diminuent de
quantité ; l’obstruction nasale
disparaît.
La
durée,
l’intensité et la gravité du rhume sont
variables selon les sujets, mais en
moyenne, la durée de l’évolution du
rhume est de huit à vingt jours.
2)
Formes
cliniques
a)
Rhinite
aigue du nourrisson
Cette
rhinite
touche l’enfant de moins de 6 mois, à respiration
nasale exclusive. La
symptomatologie varie de la simple obstruction nasale
bilatérale intermittente
à la détresse respiratoire imposant une
hospitalisation.
Les
diagnostics différentiels sont les atrésies de
choanes, les hypoplasies des
orifices piriformes ou les autres malformations de la face.
L’examen des fosses
nasales retrouve un œdème de
la muqueuse
avec des cornets inférieurs tuméfiés
jouxtant le septum nasal.
b)
Rhinopharyngite
de l’enfant
Les signes
cliniques associent une respiration buccale bruyante à une
fièvre rarement
supérieure à 38.5°C. L’examen
clinique permet de retrouver une rhinorrhée
antérieure mucopurulente bilatérale, une
rhinorrhée postérieure visible sous la
forme d’un épais tapis de muco-pus sur la paroi
postérieure du pharynx, une
discrète rougeur de la muqueuse pharyngée, des
adénopathies cervicales
bilatérales inflammatoires et douloureuses.
L’otoscopie complète le diagnostic
en retrouvant un tympan dépoli, modestement
rétracté, parfois
d’aspect inflammatoire mais il n’y a
pas d’otalgie.
c)
Rhinite
allergique
Les rhinites
allergiques périodiques ou intermittentes peuvent se
manifester comme une
rhinite aiguë. Le trépied clinique repose sur
l’association obstruction nasale,
rhinorrhée claire abondante, éternuements en
salves. S’associent souvent une
conjonctivite allergique et un prurit palatin. Il n’y pas de
facteur
infectieux. L’allergie peut favoriser des épisodes
de rhinites aiguë ;
l’interrogatoire recherchera alors une exposition
à un ou des allergènes, qu’il
faudra confirmer par des tests allergologiques spécifiques.
3)
Traitement :
La prise en
charge d’une rhinite ou d’une
rhinopharyngite non compliquée est symptomatique :
·
lavages
des fosses nasales au sérum
physiologique associés au mouchage du nez et/ou aspirations
au « mouche-bébé »
;
·
antalgiques en
cas de douleurs ;
·
antipyrétiques
en cas de fièvre ;
·
vasoconstricteurs
par voie nasale en l’absence
de contre indication, en cas d’obstruction invalidante ;
Le
traitement antibiotique par voie générale
n’est
pas justifié dans la rhinite ou la rhinopharyngite
aiguë non compliquée, chez
l’adulte comme chez l’enfant.
Atteinte
infectieuse aiguë de la muqueuse d’une ou plusieurs
cavités sinusiennes.
A.
Rappel
anatomique :
Les sinus
paranasaux sont des cavités aériennes,
creusées dans le massif facial,
tapissées par une expansion de la muqueuse respiratoire et
s’ouvrant dans les
fosses nasales par le méat moyen pour le sinus maxillaire,
l’ethmoïde antérieur
et le sinus frontal. L’ethmoïde
postérieur se draine dans la fosse nasale par
le méat supérieur et le
sphénoïde se draine par son propre ostium
directement
dans la fosse nasale.
Ils se
développent
progressivement avec l’âge :
ethmoïde présent à la naissance, sinus
maxillaire apparaissant à partir de 3 ans, sinus frontal
après 7 ans.
B.
Physiopathologie :
L’infection
des sinus se produit :
·
Par
voie nasale (rhinogène) à la suite
d’une
rhinite purulente, d’un bain en piscine ou d’un
barotraumatisme. L’importance
de la symptomatologie dépend de la virulence du germe et de
la perméabilité
ostiale. La symptomatologie peut survenir brutalement ou à
la suite d’un rhume
banal. Au décours d’un rhume, les germes
responsables sont :
·
le
pneumocoque
·
le
streptocoque
·
l’haemophilus
influenzae
·
Moraxella
catarrhalis
·
le
staphylocoque.
·
Par
voie dentaire : propagation d’une
infection dentaire : les germes anaérobies sont
alors fréquemment
retrouvés.
C.
La
sinusite maxillaire aiguë
C’est
la plus
fréquente des sinusites aigues. Dans sa forme typique elle
associe une douleur
unilatérale sous orbitaire, pulsatile, accrue par
l’effort et le procubitus
(syndrome douloureux postural), à recrudescence
vespérale, une obstruction
nasale, un mouchage épais voire muco-purulent, parfois
strié de sang,
homolatéral, et un fébricule.
1)
Examen
clinique :
La
rhinoscopie
antérieure découvre du pus au méat
moyen du côté douloureux. Du pus peut
également être découvert en rhinoscopie
postérieure.
La douleur
provoquée par la pression des points sinusiens n’a
pas de valeur diagnostique.
L’examen
clinique s’attachera surtout à rechercher les
signes d’une sinusite
compliquée : syndrome
méningé, exophtalmie, œdème
palpébral, troubles de
la mobilité oculaire (extrinsèque ou
intrinsèque), baisse d’acuité visuelle,
douleurs insomniantes.
2)
Diagnostic :
Un tel
tableau
est suffisamment évocateur, mais bien souvent tous ces
éléments n’étant pas
réunis, des critères diagnostiques ont
dû être définis pour aider le clinicien
à décider s’il existe ou non une
surinfection bactérienne et s’il faut ou non
prescrire
des antibiotiques. Les arguments en faveur d’une surinfection
bactérienne
responsable de sinusite aiguë maxillaire purulente
sont la présence d’au
moins deux des trois critères majeurs suivants :
- Persistance voire augmentation
des douleurs sinusiennes sous orbitaires, n’ayant pas
régressé malgré un traitement
symptomatique (antalgique, antipyrétique,
décongestionnant) pris pendant au moins 48 heures.
- Type de douleur :
caractère unilatéral, pulsatile, son augmentation
quand la tête est penchée en avant, ou son
acmé en fin de journée ou la nuit.
- Augmentation de la
rhinorrhée et augmentation de la purulence de la
rhinorrhée. Ce signe a d’autant plus de valeur
qu’il devient unilatéral.
Il existe
aussi des critères mineurs qui associés aux
signes précédents renforcent la
suspicion diagnostique :
-
Persistance
de la fièvre au-delà du 3ème
jour d’évolution.
-
Obstruction
nasale, éternuements, gène
pharyngée, toux s’ils persistent
au-delà des quelques jours d’évolution
habituelle de la rhinopharyngite.
La
radiographie
standard n’est pas indiquée si la
présomption clinique est forte. Le scanner
sinusien est plus adapté que les radiographies standard en
cas de doute
diagnostique, en cas d’échec d’une
première antibiothérapie ou surtout si une
complication est suspectée.
En cas de
sinusite maxillaire unilatérale sans contexte de rhinite,
l’origine dentaire
devra être recherchée. L’examen dentaire
est souvent évocateur.
D.
Formes
cliniques :
1)
Selon
la topographie
a)
Sinusite
frontale :
La douleur
est
ici de siège frontal, sus orbitaire, parfois
hémi-crânienne, intense,
pulsatile, associée à une rhinorrhée
et une obstruction nasale. Les sinusites
frontales ne doivent pas être méconnues du fait
d’un risque plus élevé de
complications.
b)
Sinusite
sphénoïdale :
De
siège
douloureux plus aléatoire (céphalées
occipitales ou du vertex), leur diagnostic
est difficile : il faut savoir y penser. L’examen
nasofibroscopique permet
d’objectiver un écoulement muco-purulent
à l’ostium du sinus
sphénoïdal. Le
diagnostic repose sur le scanner.
c)
L’ethmoïdite
aiguë de l’enfant :
L’ethmoïdite
aiguë (fièvre associée à un
œdème palpébral
supéro-interne douloureux et
fébrile) touche le jeune enfant. Elle est rare mais de
pronostic
potentiellement grave. Elle doit être reconnue par le
clinicien afin
d’instaurer en urgence une antibiothérapie
parentérale en milieu hospitalier.
·
Forme
oedémateuse : Tuméfaction
inflammatoire de la région orbitaire :
œdème palpébral prédominant
à
l’angle interne de l’orbite et à la
paupière supérieure, sans pus conjonctival,
douloureux avec une fièvre élevée (39
à 40°C).
La
responsabilité de la sinusite dans cette cellulite
palpébrale peut être établie
sur les arguments suivants : absence de pus conjonctival
(élimine une
dacryocystite ou une conjonctivite), suppuration nasale
unilatérale, parfois
hémorragique mais inconstante, opacité
ethmoïdo-maxillaire sur l’examen
scannographique.
Elle
nécessite
une hospitalisation d’urgence.
·
Forme
collectée périorbitaire:
Le pus se
collecte dans l’orbite, entre le périoste et
l’os planum, entraînant une
exophtalmie sans trouble visuel ni trouble de la motilité
oculaire.
Il faut
éliminer :
·
l’exceptionnelle
ostéomyélite du maxillaire
supérieur : œdème
prédominant à la paupière
inférieure, tuméfaction
gingivale et palatine.
·
La
staphylococcie maligne de la face consécutive
à un furoncle de l’aile du nez ou de l a
lèvre supérieure.
·
L’érysipèle
de la face : affection
streptococcique de la face.
Deux
complications sont à rechercher
systématiquement :
·
Suppuration
intra-orbitaire suspectée devant
l’un des trois signes suivants : mydriase
paralytique, anesthésie
cornéenne, ophtalmoplégie partielle ou
complète.
·
Thrombophlébite
intracrânienne : fièvre
oscillante avec frissons et syndrome méningé.
Le
caractère
tardif et souvent irréversible de ces lésions
impose de faire un scanner
systématique dès le diagnostic
d’ethmoïdite évoqué pour
rechercher une
collection orbitaire. La présence d’une collection
sur l’imagerie ou la
présence d’une ophtalmoplégie,
d’une disparition du réflexe photomoteur,
d’une
baisse d’acuité visuelle imposent le drainage
chirurgical de l’abcès et de
l’ethmoïdite.
Ces signes
imposent l’hospitalisation en urgence, la
réalisation de prélèvements
bactériologiques et la mise en route d’une
antibiothérapie parentérale à large
spectre double ou triple associant Céphalosporines de
troisième génération et
Métronidazole. L’adjonction de la Fosfomycine est
recommandée en cas de
suspicion d’infection à staphylocoque.
2)
Formes
récidivantes ou trainantes:
Une forme
récidivante unilatérale doit faire rechercher une
cause dentaire ou une cause
loco-régionale (tumeur,
mycose, anomalie
anatomique – intérêt de
l’imagerie par scanner, voire IRM). Une forme trainante
au-delà de trois mois définit une rhino-sinusite
chronique.
Toute
rhinosinusite chronique peut donner des poussées de
surinfections aiguës. Parmi
les sinusites chroniques bilatérales, citons la polypose
rhino-sinusienne,
véritable état inflammatoire de la muqueuse
respiratoire, associant des polypes
des fosses nasales à point de départ
ethmoïdal (responsable d’une anosmie et
d’une obstruction nasale) et un asthme ou une
hyperréactivité bronchique qu’il
faudra savoir rechercher.
3)
Formes
hyperalgiques : sinusite bloquée
maxillaire ou frontale :
Le tableau
clinique se différencie de la forme commune par
l’intensité de la douleur et
l’absence d’amélioration
malgré le traitement médical. La douleur est
soulagée
immédiatement par une ponction du sinus par voie
méatale inférieure pour une
sinusite maxillaire bloquée et par voie frontale
antérieure pour une sinusite
frontale bloquée (clou de Lemoine).
4)
Formes
compliquées :
·
Complications oculo-orbitaires :
cellulite palpébrale, abcès orbitaire sous
périosté, cellulite orbitaire (cf.
ethmoïdite aiguë de l’enfant).
·
Complications
cérébro-méningées :
Abcès
cérébraux, méningites,
empyèmes sous duraux, thrombophlébite du sinus
caverneux.
E.
Traitement :
Il associe
une
antibiothérapie, une corticothérapie en cure
courte par voie générale (0.8mg/kg/j
pendant 3j AFSSAPS), des décongestionnants et des
antalgiques.
En cas de
sinusite récidivante, il faut traiter la cause.
1)
Indications
de l’antibiothérapie :
·
Sinusite
maxillaire aiguë bactérienne :
l’antibiothérapie est indiquée si 2 des
3 critères majeurs définis ci-dessus
sont retrouvés, en cas d’échec
d’un traitement symptomatique initial, en cas de
sinusite d’origine dentaire.
·
Sinusite
frontale, ethmoïdale ou
sphénoïdale :
l’antibiothérapie est indiquée.
2)
Antibiothérapie
recommandée :
Les
principales bactéries impliquées dans les
sinusites sont Haemophilus Influenzae
et Streptococcus Pneumoniae avec une forte proportion de souches
résistantes
aux antibiotiques. En considérant les AMM et
l’évolution des résistances
bactériennes, l’antibiothérapie de 1ère
intention comporte l’un des
antibiotiques suivants administré par voie
orale :
·
Amoxicilline-Acide
Clavulanique : 1g*3/j ou
80mg/kg/j en 3 prises chez l’enfant.
·
Cephalosporines
de deuxième génération :
Céfuroxime-Axétil ou de troisième
génération :
Cefpodoxime-Proxétil ou
Céfotiam-Héxétil.
·
Pristinamycine,
notamment en cas d’allergie aux
β-lactamines.
·
Télithromycine
peut être proposé en alternative.
Les
fluoroquinolones actives sur le pneumocoque (Lévofloxacine,
Moxifloxacine)
doivent être réservées aux situations
cliniques les plus sévères et
susceptibles de complications graves telles que les sinusites
frontales,
sphénoïdales ou en cas d’échec
d’une première antibiothérapie dans les
sinusites maxillaires, après documentation
bactériologique et/ou radiologique.
·
La
durée du traitement des sinusites maxillaires
aiguës purulentes est classiquement de 7 à 10
jours. Le céfuroxime-Axétil, le
Cefpodoxime-Proxétil et la Télithromycine ont
démontré leur efficacité en
traitement de 5 jours, la Pristinamycine en 4 jours.
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