3) La surdité
Les examens paracliniques permettent face à une surdité d'obtenir plusieurs renseignements :
- Ses caractères : mécanismes, degré, coté de l'atteinte
- Une localisation topographique de l'atteinte : oreille moyenne, oreille interne, nerf auditif, voire type de cellules sensorielles impliquées
- Une étiologie
L'audiométrie tonale permet de déterminer les seuils auditifs de chaque oreille à l'aide de sons purs. Cet examen est réalisé en cabine insonorisée. La conduction aérienne est mesurée à l'aide d'écouteurs et la conduction osseuse à l'aide de vibrateurs. Plusieurs fréquences sont testées, de 125 Hz (fréquence grave) à 8000 Hz (fréquence aiguë).
- Chez un sujet normal, les 2 courbes sont confondues au niveau de 0 dB.
- Dans une surdité de perception, les 2 courbes sont abaissées et accolées.
- Dans une surdité de transmission, la conduction aérienne est abaissée et la conduction osseuse est normale.
- Dans une surdité mixte (perception et transmission), les 2 courbes sont abaissées et décalées. Dans les surdités de transmission ou mixte, l'écart entre les 2 courbes est appelé Rinne audiométrique
- Elle permet de quantifier la perte audiométrique en dB octave par octave
L'audiométrie vocale permet de déterminer l'intelligibilité de la parole perçue à différentes intensités. On demande au sujet de répéter des mots délivrés en conduction aérienne ou osseuse à intensité croissante ou décroissante. Le maximum d'intelligibilité correspond au pourcentage de mots que le sujet peut répéter avec une amplification. Le seuil d'intelligibilité reflète son seuil audiométrique (intensité où 50 % des mots sont répétés correctement). Cet examen permet de quantifier la surdité (surtout son retentissement en terme de communication).
L'impédancemétrie étudie la compliance (ou impédance) du système tympano-ossiculaire. Cet examen indolore renseigne sur la pression dans les cavités de l'oreille moyenne, sur la présence de liquide dans l'oreille moyenne, et sur l'élasticité du système tympan – osselet. L'impédancemétrie permet d'explorer la présence d'un réflexe stapédien après stimulation sonore à forte intensité, qui est aboli dans l'otospongiose, mais aussi dans toute atteinte de la boucle réflexe.
Les potentiels évoqués auditifs (PEA) peuvent donner deux types de renseignements : la latence de conduction entre la cochlée et les centres auditifs (altérés dans le neurinome de l'acoustique, dans la SEP par exemple), et le seuil auditif sur les fréquences 2000 à 4000 Hz, ce qui est utile dans la détermination des seuils auditifs chez l'enfant ou chez le simulateur.
Les otoémissions acoustiques étudient la réponse des cellules ciliées externes de la cochlée en réponse à un stimulus sonore. Leur recherche est utile dans le cadre du dépistage de la surdité chez l'enfant (leur présence élimine une surdité d'origine endocochléaire chez l'enfant), pour étudier le fonctionnement de la cochlée dans certaines pathologies, pour le diagnostic topographique de certaines surdités de perception.
Le scanner permet d'étudier au mieux les cavités de l'oreille moyenne et les malformations de l'oreille. L'IRM étudie mieux les voies auditives, mais aussi les liquides de l'oreille interne. Ces deux types d'imagerie permettent un diagnostic topographique (et souvent étiologique) face à une surdité.
Le génotypage des surdités permet en cas de surdité de cause génétique de préciser la cause de la surdité. C'est un examen de spécialiste. |