29. CONNAITRE LE PRINCIPE DES EXAMENS PARACLINIQUES ET L'INTERET DE L'IMAGERIE EN MATIERE DE VERTIGE, DE SURDITE OU DE PARALYSIE FACIALE.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1) les vertiges - Examens paracliniques

  • Etude de la composante vestibulaire par épreuves caloriques et épreuves rotatoires - Vidéonystagmoscopie et:
    • Son principe repose sur l'enregistrement des mouvements oculaires grâce à deux cameras ultrasensibles disposées sur un système de lunettes. L'enregistrement vidéo peut lui-même être connecté soit à un simple moniteur écran que l'on observe, soit à un système d'analyse d'images. Elle permet une analyse très fine de la réponse nystagmographique et notamment de sa composante rotatoire. Elle permet entre autre de poser le diagnostic d'areflexie vestibulaire.
  • Etude simultanée des fonctions vestibulaires proprioceptives et visuelles par l'Equitest :
    •  il s'agit d'une plate forme de posturographie dynamique qui analyse les possibilités du patient à maintenir ou à retrouver son équilibre lors d'une série de tests reproduisant les situations de la vie courante. Il permet donc de mesurer chez un sujet donné, la participation respective de chaque entrée sensorielle à la fonction d'équilibration et la stratégie de compensation adoptée par le sujet en cas de déficience de l'un des trois systèmes d'information sensorielle. Il permet entre autres de poser le diagnostic de non compensation d'un trouble labyrinthique responsable d'une instabilité.
  • Etude de la composante cochléaire et rétrocochléaire
    • Audiométrie tonale liminaire à la recherche d'une surdité de perception asymétrique( sur les fréquences graves dans la maladie de Ménière et sur le fréquences aiguës dans les pathologies rétrocochléaires)
    • Tympanométrie avec étude du réflexe stapédien : recherche d'un phénomène de recrutement en faveur d'une surdité de perception d'origine endocochléaire
    • PEA permettant de rechercher une origine rétrocochléaire à une surdité de perception.

Imagerie et vertige

  • L'IRM se justifie dès lors que le tableau clinique comporte des signes neurologiques ou rétrocochleaires :
    • Permet de lever toute hypothèque quant à la présence d'un processus tumoral rétrocochleaire ou central
  • La TDM se justifie en cas de pathologie pétreuse ou congénitale :
    • Permet d'identifier des anomalies congénitales du labyrinthe type syndrome de Mondini ou une pathologie de l'oreille moyenne.

 

2) PARALYSIE FACIALE - Examens paracliniques

Diagnostic topographique

  • Test de schirmer : étude de la sécrétion lacrymal réalisé à l'aide de papier filtre gradué placés dans le cul de sac conjonctival inférieur : diminution de la sécrétion lacrymale du coté paralysé
  • Etude de la sécrétion salivaire par cathétérisme des canaux de Wharton
  • Etude du réflexe stapédien : son absence oriente vers une atteinte en amont du nerf du muscle de l'étrier (deuxième portion)
  • L'electrogustometrie : explore la corde du tympan responsable de l'innervation gustative  des deux tiers antérieurs de la langue : elle s'effectue au moyen d'une stimulation électrique au bord latéral de la langue ; l'intensité de la stimulation est progressivement augmentée jusqu'à détermination du seuil de perception.

Recherche de signes cochléo vestibulaires associés à la paralysie faciale périphérique (PFP)

  • Audiométrie tonale et vocale. cf ci dessus
  • PEA.  cf ci dessus
  • VNG.  cf ci dessus
Explorations electrophysiologiques
  • Intérêt d'ordre diagnostique (atteinte infraclinique)
  • Intérêt d'ordre pronostique (élément précoces de récupération) en particulier quand une exploration chirurgicale est discutée.
    • Test de Hilger :Stimulation du tronc du facial au trou stylomastoïdien en augmentant progressivement l'intensité qui est réglable de 0 à 10 mA.  On recherche alors du coté sain puis du coté atteint un seuil, intensité minimale permettant d'obtenir une contraction cliniquement décelable sous forme de fibrillations observées à jour frisant. Une différence de seuil de plus de 2 mA entre les deux cotés a une valeur pronostique péjorative ;
    • Electroneuronographie : Intérêt pronostique surtout si réalisée dans les deux premières semaines post PFP. Le principe est de recueillir un potentiel d'action musculaire par une électrode de surface bipolaire au niveau de la région nasogénienne. La stimulation s'effectue grâce à une électrode de surface au trou stylo mastoïdien. Les deux cotés sont explorés successivement. On augmente progressivement l'intensité de stimulation jusqu'à l'obtention du tracé le plus ample possible. Ensuite on réalise une stimulation supramaximale en augmentant de 10 % l'intensité ayant permis d'obtenir le tracé le plus ample possible. La différence d'amplitude du tracé du potentiel entre les deux cotés  à la stimulation supramaximale est corrélée au pourcentage de fibres dégénérées.
    • Electromyographie de détection
    • Réflexe trigéminofacial ou blink reflexe : Consiste à enregistrer la boucle réflexe Trijumeau par V1- Tronc cérébral-VII.La stimulation du V1 au niveau du trou sus orbitaire va entraîner un réflexe de clignement bilatéral que l'on enregistre au moyen d'électrodes placées aux canthus externes. Deux réponses sont enregistrées : R1 rapide  et R2 lente. L'allongement de la latence de  R1 permet de diagnostiquer des PFP frustre. Si R1< 13millisecondes alors bon pronostic de récupération.

IMAGERIE ET PFP

  • TDM Bilan rocher : fracture, pathologie oreille moyenne
  • IRM : Bilan tumoral

Traumatique

Tumeurs bénignes

Tumeurs malignes

Oreille moyenne

Neurologique

Fracture roche++

Neurinome VII,VIII

Méningiome

Hémangiome caverneux

Glomus tympanojugulaire

Carcinome du Méat acoustique externe

Carcinome ou autre tumeur malignes de la parotide

Otite externe maligne

OMA

Cholestéatome

SEP

Guillain Barré

3) La surdité

Les examens paracliniques permettent face à une surdité d'obtenir plusieurs renseignements :

  • Ses caractères : mécanismes, degré, coté de l'atteinte
  • Une localisation topographique de l'atteinte : oreille moyenne, oreille interne, nerf auditif, voire type de cellules sensorielles impliquées
  • Une étiologie

L'audiométrie tonale permet de déterminer les seuils auditifs de chaque oreille à l'aide de sons purs. Cet examen est réalisé en cabine insonorisée. La conduction aérienne est mesurée à l'aide d'écouteurs et la conduction osseuse à l'aide de vibrateurs. Plusieurs fréquences sont testées, de 125 Hz (fréquence grave) à 8000 Hz (fréquence aiguë).

  • Chez un sujet normal, les 2 courbes sont confondues au niveau de 0 dB.
  • Dans une surdité de perception, les 2 courbes sont abaissées et accolées.
  • Dans une surdité de transmission, la conduction aérienne est abaissée et la conduction osseuse est normale.
  • Dans une surdité mixte (perception et transmission), les 2 courbes sont abaissées et décalées. Dans les surdités de transmission ou mixte, l'écart entre les 2 courbes est appelé Rinne audiométrique
  • Elle permet de quantifier la perte audiométrique en dB octave par octave

L'audiométrie vocale permet de déterminer l'intelligibilité de la parole perçue à différentes intensités. On demande au sujet de répéter des mots délivrés en conduction aérienne ou osseuse à intensité croissante ou décroissante. Le maximum d'intelligibilité correspond au pourcentage de mots que le sujet peut répéter avec une amplification. Le seuil d'intelligibilité reflète son seuil audiométrique (intensité où 50 % des mots sont répétés correctement). Cet examen permet de quantifier la surdité (surtout son retentissement en terme de communication).

L'impédancemétrie étudie la compliance (ou impédance) du système tympano-ossiculaire. Cet examen indolore renseigne sur la pression dans les cavités de l'oreille moyenne, sur la présence de liquide dans l'oreille moyenne, et sur l'élasticité du système tympan – osselet. L'impédancemétrie permet d'explorer la présence d'un réflexe stapédien après stimulation sonore à forte intensité, qui est aboli dans l'otospongiose, mais aussi dans toute atteinte de la boucle réflexe.

Les potentiels évoqués auditifs (PEA) peuvent donner deux types de renseignements : la latence de conduction entre la cochlée et les centres auditifs (altérés dans le neurinome de l'acoustique, dans la SEP par exemple), et le seuil auditif sur les fréquences 2000 à 4000 Hz, ce qui est utile dans la détermination des seuils auditifs chez l'enfant ou chez le simulateur.

Les otoémissions acoustiques étudient la réponse des cellules ciliées externes de la cochlée en réponse à un stimulus sonore. Leur recherche est utile dans le cadre du dépistage de la surdité chez l'enfant (leur présence élimine une surdité d'origine endocochléaire chez l'enfant), pour étudier le fonctionnement de la cochlée dans certaines pathologies, pour le diagnostic topographique de certaines surdités de perception.

Le scanner permet d'étudier au mieux les cavités de l'oreille moyenne et les malformations de l'oreille. L'IRM étudie mieux les voies auditives, mais aussi les liquides de l'oreille interne. Ces deux types d'imagerie permettent un diagnostic topographique (et souvent étiologique) face à une surdité.

Le génotypage des surdités permet en cas de surdité de cause génétique de préciser la cause de la surdité. C'est un examen de spécialiste.