31 - Rechercher les signes qui évoquent une fracture du rocher chez un traumatisé crânien conscient et non conscient

  • Tout d'abord il est important de préciser qu'une fracture du rocher met en jeu le pronostic fonctionnel otologique mais expose aussi à des risques vitaux (méningite en cas de brèche duremèrienne).
  • La recherche d'une fracture du rocher doit se faire chez tous les traumatisés crâniens.
 

Chez le sujet conscient, les plaintes fonctionnelles évocatrices sont : la douleur, la surdité ( hypoacousie , cophose ), l'existence de vertiges, d'une gêne faciale (incontinence salivaire ) ou d'une otorragie.

En pratique, l'audition doit être appréciée dès que l'état de conscience le permet, grossièrement à la voix et au diapason, puis par une audiomètrie.

  • Une cophose doit faire redouter une fracture labyrinthique.
  • Une surdité de transmission peut témoigner d'un hémotympan, d'une perforation tympanique ou d'une dislocation ossiculaire.
  • Une surdité de perception témoigne d'une commotion labyrinthique qui peut s'observer dans les traumatismes crâniens même sans fracture. L'amélioration se produit en quelques jours sauf en cas de fistule périlymphatique (microfracture labyrinthique).Dans ce cas,  une chirurgie exploratrice est indiquée.

La recherche de signes vestibulaires revêt une grande valeur ; un nystagmus battant du côté opposé à la lésion fait craindre une fracture labyrinthique.

L'examen clinique pourra  retrouver un écoulement de sang (otorragie) ou de LCR dans le conduit (otoliquorrhée: brèche entre la méninge temporale et la caisse du tympan).

  • Cet écoulement peut se faire dès les premiers jours, souvent mélangé à du sang, et cesse généralement en quelques jours ; sa persistance impose de colmater la brèche.
  • A l'otoscopie : une perforation tympanique, un hémotympan (collection de sang derrière le tympan) ou une plaie du conduit auditif externe par fracture du tympanal (otorragie sans hémotympan).
  • La paralysie faciale de type périphérique peut être révélatrice d'une fracture du rocher homo latérale par compression du nerf facial dans son conduit osseux. Sa découverte est un excellent signe en faveur d'une fracture du rocher.
  • Il est important de savoir si la paralysie est d'apparition immédiate (section ou écrasement du nerf, pronostic péjoratif) ou secondaire (compression par hématome ou œdème : bon pronostic).
 

Chez le sujet comateux la paralysie faciale est recherchée par la manœuvre de Pierre-Marie et Foix (stimulus douloureux en arrière de la branche montante de la mandibule).

Enfin le diagnostic peut être évoqué sur le scanner  par la mise en évidence d'un hémotympan (collection sanguine dans la caisse du tympan) ou d'un trait de fracture au niveau du rocher (longitudinal ou transversal).