39-Connaître les principes des gestes d'hémostase locaux d'une épistaxis.

q       Le traitement pour but :

¨        de tarir l'hémorragie (traitement primaire)

¨        d'éviter sa reproduction (traitement secondaire).

¨        Le choix est guidé par la normalité ou non de l'hémostase

q       Tarir l'hémorragie par hémostase locale : suivant l'importance et la localisation du saignement, une démarche plus ou moins invasive va être proposée :

¨        compression digitale simple de l'aile du nez pendant quelques minutes

¨        par tampon de coton ou hémostatique imbibé de thrombase, eau oxygénée, éponge hémostatique

¨        cautérisation de la tache vasculaire

·          galvanique (galvanocautère)

·          chimique (nitrate d'argent en perle ou liquide)

·          par le froid (cryothérapie par tamponnement antérieur de la fosse nasale par une mèche de gaze)

¨        par tamponnement antérieur de la fosse nasale par une mèche de gaze

·          malade semi-couché, de préférence.

·          mouchage énergique pour évacuer les caillots.

·          pulvérisation dans la ou les fosses nasales d'une solution anesthésique locale (xylocaïne à 5 %, novésine...) additionnée de naphtazoline (sauf chez le jeune enfant).

·          Introduction à l'aide d'une pince (anatomique non traumatique sans griffe ou nasale, coudée) d'une mèche grasse de 2 à 5 cm de large. La pince saisit la mèche à 10-15 cm de son extrémité (pour éviter sa chute dans le pharynx à travers la choane) et est enfoncée dans la partie postérieure de la fosse nasale. On mèche ensuite, bien tassé en accordéon d'arrière en-avant ou de bas en haut jusqu'à la narine.

·          contention de l'extrémité antérieure du tamponnement par un ruban adhésif sur l'orifice narinaire.

¨        par ballonnet gonflable hémostatique

·          ballonnet simple. Il est introduit, dégonflé, dans la fosse nasale, en évitant de le pousser trop loin, notamment dans le pharynx. Il est ensuite gonflé avec une seringue à une pression juste suffisante pour arrêter le saignement et on vérifie que son extrémité ne fait pas hernie dans l'oropharynx.

·          sonde à double ballonnet. :antéro postérieur  elle remplace de plus en plus le tamponnement postérieur en cas d'hémorragie importante. La sonde est introduite jusque dans le cavum ; le ballonnet postérieur est gonflé modérément et bloqué dans la choane. On gonfle ensuite le ballonnet antérieur dans la fosse nasale.

¨        par tamponnement antéro postérieur

·          introduction par la narine dans la ou les fosses nasales d'une sonde molle, jusque dans le pharynx, où son extrémité est repérée et tirée par la bouche à l'aide d'une pince.

·          fixation à cette extrémité des deux fils reliés à un tampon de gaze serré.

·          la sonde, retirée par le nez suivant le mouvement inverse de son introduction, entraîne les fils qui sortent par l'orifice narinaire et le tampon qui se bloque dans la choane (aidé par un doigt qui le guide derrière le voile et dans le cavum).

·          un tamponnement antérieur est ensuite effectué.

·          les fils du tampon postérieur sont noués sur un tampon placé devant l'orifice narinaire.

¨        par coagulation par voie endoscopique des artères sphéno-palatines

¨        par embolisation de ces artères en radiologie interventionnelle

¨        par coagulation des artères ethmoïdales par orbitotomie dans les cas d'épistaxis très graves et incoercibles (ces artères ne peuvent évidemment pas bénéficier d'une embolisation puisqu'elles sont des branches terminales de l'artère  ophtalmique, elle-même branche de la carotide interne : un accident d'embolisation entraînerait soit une hémiplégie, soit une cécité).

q       Dans le cas de la maladie de Rendu-Osler, l'injection sous-muqueuse de colle biologique ou d'éthybloc sous contrôle angiographique est proposée, mais en dehors d'un contexte d'urgence.

q       Eviter la reproduction de l'hémorragie

q       Rechercher et traiter une cause locale : cautérisation d'une ectasie de la tache vasculaire  par exemple

q       Rechercher et traiter une cause générale : hypertension artérielle, coagulopathies...

q        La transfusion doit être exceptionnelle.