64. Savoir reconnaître l'origine pharyngo-laryngée d'un trouble de déglutition, en apprécier la gravité et rechercher l'étiologie.

La dysphagie haute, s'accompagnant parfois de fausses routes, caractérise les troubles des premiers temps de la déglutition.

 

1. Une dysphagie est une sensation de blocage ou d'accrochage alimentaire pour les solides,  pour les solides et les liquides, et parfois pour la salive. La dysphagie haute désigne les pertubations des premiers temps de la déglutition, et une dysphagie basse une atteinte du temps oesophagien de la déglutition.

La première étiologie à évoquer devant une dysphagie est une tumeur, de la cavité buccale, du pharynx ou de l'œsophage.

En cas de lésion tumorale de l'oropharynx, de l'hypopharynx, ou de la margelle laryngée, la dysphagie haute est souvent associée à une otalgie réflexe unilatérale et à une odynophagie (ou douleur à la déglutition des aliments).

 

L'examen ORL et l'examen de l'œsophage constituent les deux explorations à réaliser en première intention.

L'examen de la cavité buccale et celui l'oropharynx à l'abaisse langue,  la laryngoscopie indirecte (au miroir ou avec un nasofibroscope), la palpation de la base de la langue et des parois latérales de l'oropharynx, sont les premiers examens à réaliser en consultation pour permettre de localiser une éventuelle lésion tumorale. Certaines régions anatomiques, telles que le fond des sinus piriformes, la région retrocricoïdienne, la bouche de l'œsophage et l'oesophage ne sont pas accessibles par ces examens et ne peuvent être explorées que lors d'une endoscopie au tube rigide, sous anesthésie générale, qui inclut une laryngoscopie, une hypopharyngoscopie et une oesophagoscopie. La fibroscopie de l'œsophage constitue une alternative à l'oesophagoscopie au tube rigide.

 

2. Les fausses routes traduisent le passage des aliments ou de salive à travers le larynx. Elle provoquent une toux lors de la déglutition des aliments ou de la salive, mais sont parfois silencieuses. Ces fausses routes peuvent provoquer des épisodes asphyxiques qui se manifestent par une dyspnée laryngée avec toux suffocante. Ces fausses routes peuvent être responsables de pneumopathies siégeant le plus souvent au niveau de la base du poumon droit.

 

 

3. Cadres étiologiques et explorations

Les causes d'une dysphagie haute sont multiples. Elles incluent les atteintes neurologiques sensitives ou motrices, les atteintes neuromusculaires ou musculaires, les troubles articulaires et les atteintes pariétales, en particulier tumorales, des structures impliquées dans les premiers temps de la déglutition : infections, inflammations, tumeurs, troubles dentaires, paralysies laryngées, hypoesthésie du pharyngolarynx, et les séquelles de traitements (laryngectomie, pharyngectomie, radiothérapie externe).

 

Deux explorations  sont  indiquées devant une dysphagie pour éliminer une lésion tumorale. La panendoscopie au tube rigide (laryngoscopie, hypopharyngoscopie et oesophagoscopie), sous anesthésie générale,  et la fibroscopie oesophagienne. Elles permettent de localiser la lésion et de réaliser des biopsies. Un examen tomodensitométrqiue avec injection est réalisé en complément pour étudier l'extension en profondeur des lésions et ll'atteinte des chaines ganglionnaires. 

La fibroscopie de la déglutition et le radiocinéma sont les principales explorations à réaliser devant un trouble  neuromusculaire ou musculaire de la déglutition, afin d'apprécier les mécanismes perturbés et pour objectiver les fausses routes.